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21/02/2013 03:28 EST | Actualisé 23/04/2013 05:12 EDT

Tunisie: Jebali fait ses adieux, reste convaincu de son initiative

Le Premier ministre tunisien démissionnaire Hamadi Jebali s'est dit convaincu jeudi soir que son initiative d'un gouvernement apolitique était la "meilleure" pour sortir le pays de la crise, s'inscrivant une nouvelle fois contre son propre parti islamiste, Ennahda.

"Je reste convaincu que le gouvernement de compétences nationales que j'ai proposé offrait la meilleure solution" aux maux du pays, a-t-il dit dans une adresse télévisée, au moment où Ennadha, dont il est le numéro, deux se réunissait en son absence pour désigner un candidat à sa succession.

Assumant l'échec de son initiative, il en a aussi imputé la responsabilité à "toutes les parties prenantes" au pouvoir et dans l'opposition, ainsi que dans les syndicats et les milieux d'affaires, tout en dénonçant les médias qui ne cessent, selon lui, de "jeter de l'huile sur le feu".

"Le peuple en a assez de nos conflits, de nos disputes et des tiraillements (....). Ayez pitié des Tunisiens!", a-t-il lancé.

Sur son refus d'être reconduit comme le lui demandait son parti, M. Jebali a dit avoir pris sa décision "après consultations et une mûre réflexion": "Ce n'était pas de l'obstination, je ne veux pas fermer la porte, mais j'ai mesuré la difficulté d'accepter une mission sans perspective de réussite".

Venu parler "à coeur ouvert" pour "clarifier, prendre à témoin", M. Jebali a tenu à rendre hommage à l'armée et aux services de sécurité, mais aussi à "tous ceux qui travaillent loyalement dans les champs, les usines, à tous les niveaux".

Il s'est excusé auprès du peuple pour les ratés de son gouvernement et a plaidé pour que des pays amis appuient la Tunisie, "où se déroule une expérience inédite méritant soutien et conseils", mais "sans ingérence", a-t-il dit.

Hamadi Jebali a quitté son poste 14 mois après son arrivée à la tête du gouvernement à la suite des élections d'octobre 2011, remportées son parti Ennahda. Sa démission est une première dans les annales politiques tunisiennes.

Il avait surpris en décidant la formation d'un gouvernement apolitique le 6 février, au soir de de l'assassinat de l'opposant de gauche Chokri Belaïd, qui a exacerbé une crise politique latente depuis plusieurs mois.

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