NOUVELLES
21/02/2013 08:30 EST | Actualisé 23/04/2013 05:12 EDT

Plus de 40 morts dans un attentat suicide à Damas

Plus de 40 personnes, en majorité des civils, ont péri jeudi dans un attentat suicide qui a dévasté une artère près du siège du parti Baas à Damas, une attaque dénoncée aussi bien par le régime que par l'opposition.

L'attentat a été suivi par la chute de deux obus de mortier sur le siège de l'état-major dans le quartier des Omeyyades à Damas, au surlendemain d'obus tombés près d'un palais présidentiel pour la première fois depuis le début du conflit il y a près de deux ans.

Ces attaques interviennent alors que s'intensifie la guerre civile qui déchire la Syrie, les rebelles multiplient leurs attaques dans la capitale, place forte du pouvoir, et l'armée bombardant violemment leurs positions en banlieue et sur les différents fronts dans le pays.

Vers 10H00 locales (08H00 GMT), heure de grande affluence dans le quartier commerçant de Mazraa, un kamikaze a fait sauter sa voiture remplie d'explosifs devant un barrage formé de blocs de béton obstruant l'entrée du siège du Baas, au pouvoir depuis un demi-siècle dans le pays.

Selon un nouveau bilan de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), qui s'appuie sur un large réseau de militants et médecins, l'attentat suicide a fait 42 morts, la plupart des civils et neuf membres des forces gouvernementales.

La télévision officielle a fait état de 35 morts et 237 blessés dans l'attentat qui n'a pas été revendiqué.

Des images diffusées par la télévision montraient des voitures détruites et en feu, une épaisse fumée noire, des corps d'hommes ensanglantés gisant par terre et des immeubles endommagés.

Selon la chaîne officielle Al Ekhbariya, des enfants figurent parmi les blessés car "une école se trouve à proximité".

"C'est ça la liberté qu'ils veulent? C'est ça l'Armée syrienne libre?" a dit un homme interrogé par la télévision syrienne. "C'est du terrorisme! c'est ça que vous appelez islam?" fulmine un blessé.

Ils faisaient référence aux groupes jihadistes et à l'Armée syrienne libre (ALS), la principale composante de la rébellion.

L'attentat a fait exploser les fenêtres de l'ambassade de Russie, sans faire de blessés, selon des agences de presse à Moscou. La Russie est l'une des rares puissances appuyant le régime du président Bachar al-Assad et qui continue d'avoir une présence diplomatique à Damas.

Les médias officiels ont accusé des "terroristes" d'avoir mené l'attentat, reprenant la terminologie du régime qui assimile les rebelles qu'il combat à des "terroristes".

La Coalition de l'opposition a dénoncé elle aussi dans un communiqué l'attentat "terroriste" estimant que les attaques visant des civils étaient criminelles "quel qu'en soit l'auteur". Elle a évité d'accuser le régime comme elle le faisait d'habitude lors de ce genre d'attentat.

Des attentats meurtriers ont frappé ces derniers mois Damas, visant les bâtiments gouvernementaux, de renseignements ou de la sécurité, dont plusieurs ont été revendiqués par les jihadistes du Front Al-Nosra.

Alors que le Liban voisin cherche à se distancier du conflit qui a fait plus de 70.000 morts depuis mars 2011 selon l'ONU, il risque d'être emporté dans la violence si l'ALS met à exécution ses menaces de bombarder des positions du puissant mouvement armé Hezbollah au Liban, allié indéfectible du régime Assad.

Le général Sélim Idriss, chef de l'état-major de l'ASL, a accusé mercredi le Hezbollah d'avoir bombardé à partir du Liban des positions rebelles dans la région syrienne de Qousseir, frontalière du Liban.

"Au terme des 48 heures, c'est-à-dire jeudi, l'ASL à Qousseir répondra aux sources des tirs et nous mobiliserons aussi les combattants dans d'autres régions", a-t-il averti.

Le Hezbollah n'a pas réagi à ces menaces. En 2012, son chef Hassan Nasrallah a affirmé que des membres de son parti combattaient les rebelles syriens, mais à titre individuel.

Entre-temps, l'opposition syrienne en exil était réunie au Caire pour discuter de la proposition de son chef Ahmed Moaz al-Khatib d'entamer des discussions avec le régime, qui selon lui doivent aboutir au départ de M. Assad.

Le régime syrien s'est dit prêt à dialoguer mais sans "conditions préalables", alors que le conflit armé déclenché par une révolte populaire durement réprimée ne donne aucun signe d'une solution politique en vue.

bur-sk/ram/tp