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21/02/2013 08:54 EST | Actualisé 23/04/2013 05:12 EDT

Mali : attentat à Kidal et combats à Gao

Après une accalmie de quelques jours, les tensions ont repris jeudi dans les villes du nord du Mali.

À Kidal, un véhicule a explosé à 500 mètres d'un camp militaire où se trouvent des soldats français et tchadiens, blessant deux personnes. Le conducteur est mort sur le coup, selon un fonctionnaire de la ville.

Le Mouvement pour l'unicité et le djihad en Afrique de l'Ouest (MUJAO) a revendiqué l'attentat.

« Nous sommes arrivés à rentrer sans aucun problème à l'intérieur de Kidal même pour faire exploser comme prévu un véhicule. [...] D'autres explosions auront lieu sur tout notre territoire », a déclaré le porte-parole du MUJAO, Abu Walid Sahraoui.

Depuis la fin janvier, l'aéroport de Kidal est sous le contrôle de l'armée française, tandis que la ville est sécurisée par environ 1800 soldats tchadiens.

La particularité de Kidal est que les islamistes du Mouvement islamique de l'Azawad (MIA) et le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) sont toujours présents dans la ville.

Selon l'état-major de l'armée française, les soldats français « se coordonnent » avec les indépendantistes du MNLA.

À Gao, des combats ont commencé dans la nuit de mercredi à jeudi entre des groupes armés et des soldats nigériens pour se poursuivre au centre de la ville avec des soldats maliens, appuyés par l'armée française.

Selon une source de l'armée malienne, le groupe était constitué d'« une quarantaine d'islamistes » venus de villages proches de Gao.

Dans le centre-ville, les combats ont pris fin dans l'après-midi. Ils ont eu lieu près de la mairie et du palais de justice où se trouvaient retranchés des islamistes en armes, selon une source militaire française. La même source a rapporté qu'un homme portant une ceinture d'explosifs a été maîtrisé.

Un bilan provisoire fait état de quatre morts et deux membres du groupe capturés. Cinq blessés ont été enregistrés du côté des soldats.

Cette attaque a aussi été revendiquée par le MUJAO qui a assuré que « la bataille » ne faisait que commencer.

Gao, reprise au MUJAO le 26 janvier par les soldats français et maliens, a été le théâtre, les 8 et 9 février, des deux premiers attentats-suicides de l'histoire du Mali, commis par deux kamikazes morts en se faisant exploser contre un poste de contrôle de l'armée malienne.

De violents combats y ont opposé dans le centre-ville des soldats français et maliens et combattants djihadistes, faisant au moins cinq morts et 17 blessés.

Exactions

Human Rights Watch a appelé jeudi le gouvernement malien à poursuivre les soldats présumés auteurs d'exactions dans le nord du Mali.

Selon des témoignages recueillis par l'ONG, des soldats maliens auraient commis des exactions contre des personnes accusées d'avoir collaboré avec les islamistes.

À ce propos, des dizaines d'Arabes maliens ont dénoncé « les exactions » dont ils sont victimes lors d'une manifestation à Nouakchott, la capitale de la Mauritanie voisine.

L'organisme Le Cri de détresse, qui a lancé l'appel à manifester, parle de « massacres à grande échelle » contre les Maliens à la peau claire dans le nord du pays, parmi les Arabes notamment. L'organisation n'a cependant pas fourni de bilan.