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21/02/2013 07:41 EST | Actualisé 23/04/2013 05:12 EDT

Ligue des champions - FC Barcelone: dans le mur, dans le dur

Le FC Barcelone, grand favori de la Ligue des champions, a chuté mercredi en 8e de finale aller en se heurtant au mur dressé par l'AC Milan (2-0), une contre-performance sous-tendue par des failles défensives et une fatigue offensive, avec un Messi éteint et pas relayé.

Inter Milan en 2010 (demi-finales, 1-3, 1-0), Chelsea en 2012 au même stade (0-1, 2-2)... et Milan en 2013? Le match de mercredi rappelait les deux dernières éliminations du Barça en C1, face à des équipes ayant perfectionné l'art du verrouillage nimbé de réalisme.

Le club catalan avait toujours son éternelle possession de balle à San Siro, mais n'en a rien fait. Au contraire, il a laissé les "Rossoneri" profiter de leurs rares occasions pour marquer deux buts, le premier entaché d'une faute de main, le second au terme d'une superbe action collective.

La défense barcelonaise est la première responsable. C'était le 10e match de suite où elle encaissait à chaque fois au moins un but (total: 15). Avec trois nuls et deux défaites dans cette série, c'est un sérieux fléchissement.

Le Barça a été accroché à presque tous ses grands rendez-vous, par les deux Real (Madrid et Sociedad), Valence, Malaga, et donc Milan. Et un double "clasico" se profile déjà, mardi prochain en Catalogne en demi-finale retour de Coupe du Roi, et le samedi suivant à Madrid en Liga...

Le Barça a de la marge en Liga, avec 12 points d'avance sur le 2e, l'Atletico, et peut se permettre d'y perdre des plumes. Sur la scène européenne en revanche, tout relâchement peut être fatal à un club qui a atteint le dernier carré de la compétition lors des cinq dernières saisons, et l'a remportée en 2009 et 2011.

Mercredi, les "Blaugranas" semblaient à bout de souffle et d'idées. Messi, Pedro et Fabregas étaient inexistants, Iniesta a surnagé en début de seconde période. Messi et Xavi se sont signalés par un inhabituel déchet technique.

"Nous n'étions pas bien physiquement, nous sommes vraiment à la limite", a avoué Fabregas sur beIN Sport. "Nous avons manqué un peu de tout, mais surtout nous avons manqué de fraîcheur, abondait Iniesta. Or, en Ligue des champions contre une équipe comme le Milan, cela ne pardonne pas".

La "Messi-dépendance" dans laquelle le Barça se complaît, avec succès d'ailleurs, trouvait là ses limites. Quand le quadruple Ballon d'Or rate son match, en raison notamment d'un bon marquage de Mexès, personne n'est là pour endosser son costume de sauveur.

Pedro et Alexis Sanchez (entré à l'heure de jeu) n'ont pas convaincu, et Iniesta était aligné en ailier gauche alors qu'il préfère jouer dans l'entrejeu. L'absence de Villa (convalescent) a sans doute pesé, lui qui frappe souvent au but.

Car le Barça a péché par excès de "barcelonisme". Le jeu collectif a ronronné sans aboutir: trop peu de frappes au but, et un seul tir cadré (Xavi en première période). Symbole, ce coup franc à une minute du coup de sifflet final joué latéralement au lieu de mettre le ballon "dans la boîte"...

La responsabilité de l'entraîneur par intérim, Jordi Roura, est engagée, lui qui n'a manifestement pas su trouver les mots à la pause pour réveiller une équipe amorphe. Et il n'a procédé qu'à deux changements: ne fallait-il pas jouer le tout pour le tout en faisant entrer un nouvel élément offensif, comme le jeune Tello?

L'absence prolongée de l'entraîneur Tito Vilanova, soigné à New York d'un cancer à la glande salivaire, et même s'il communique régulièrement avec son staff, commence-t-elle à peser sur le moral de ses troupes?

"C'est un échec, mais ce n'est pas un désastre", a résumé Roura. Le match retour, mardi 12 mars au Camp Nou, dira si c'était un échec oublié ou un désastre mémorable.

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