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21/02/2013 04:22 EST | Actualisé 22/04/2013 05:12 EDT

Le leader de droite Anastasiades favori pour devenir le président de Chypre

Chypre se prépare à élire un nouveau président dimanche, un scrutin pour lequel Nicos Anastasiades, un pro-européen de droite qui s'est présenté comme le plus à même de négocier un plan de sauvetage pour l'île au bord de la faillite, part largement favori.

Après avoir très nettement devancé ses rivaux au premier tour, avec 45,46% de voix, il sera opposé dimanche à Stavros Malas (26,91%), un indépendant qui a le soutien du parti communiste Akel, dominant le gouvernement sortant et largement discrédité.

Illustrant la gravité de la situation économique, le patron du Mécanisme européen de stabilité (MES) Klaus Regling a estimé, dans un entretien au quotidien français Le Figaro paru jeudi, que Chypre présentait un risque pour l'ensemble de la zone euro et que des décisions devaient être prises rapidement sur ce dossier pour éviter une possible contagion.

Et mercredi, l'agence de notation Standard & Poor's a estimé qu'au vu des difficultés de Nicosie à obtenir un prêt auprès de la troïka (Fonds monétaire international/Union européenne/Banque centrale européenne), "le risque de défaut (de paiement) est bien réel".

M. Anastasiades, 66 ans, dirigeant du parti de droite Disy, est considéré comme l'homme avec lequel l'UE peut s'entendre au sujet du prêt en cours de finalisation, estimé à 17 milliards d'euros, soit l'équivalent du PIB chypriote.

Il a accusé mercredi le gouvernement d'avoir mis Chypre "dans une position exceptionnellement difficile", laissant un pays exsangue.

"Par le passé, nous avons traversé de grandes difficultés, et en travaillant dur, nous pouvons y arriver", a-t-il déclaré à ses partisans.

Le président sortant, Demetris Christofias, qui ne brigue pas de nouveau mandat, avait appelé l'UE à la rescousse en juin, face aux difficultés du secteur bancaire, très exposé à la dette grecque, mais il s'est montré très réticent à adopter les mesures réclamées en contrepartie.

Les ministres des Finances de la zone euro ont préféré attendre l'élection du nouveau président pour se prononcer sur ce prêt.

Les candidats du second tour ont tenté de courtiser le troisième homme, Giorgos Lillikas qui, avec 24,93% au premier tour, pouvait faire figure d'arbitre.

Mais M. Lillikas, qui rejette l'austérité liée au plan de sauvetage, les a renvoyés dos à dos, appelant ses électeurs à "un vote de défiance". Le parti socialiste Edek, qui l'a soutenu, n'a pas non plus donné de consigne de vote.

Faute d'alliance avec M. Lillikas, M. Malas se retrouve ainsi avec un très important déficit de voix à combler.

M. Malas, 45 ans, accuse son rival d'être prêt à "capituler" et satisfaire les moindres exigences des bailleurs de fonds internationaux, au risque d'enfoncer l'île un peu plus encore dans la récession. Il souhaite des mesures d'austérité moins sévères et un gouvernement d'unité nationale.

Outre son manque d'expérience sur la scène politique, où il n'a fait son entrée qu'en 2011 comme ministre de la Santé, il pâtit de la grande impopularité du cabinet sortant.

Un sujet sur lequel M. Anastasiades n'a pas manqué de faire campagne, demandant aux électeurs dans ses spots: "pourrez-vous supporter cinq années supplémentaires de catastrophe économique?".

L'autre tâche difficile à laquelle devra s'atteler le nouveau président sera la relance des négociations de réunification de l'île, dans l'impasse.

Chypre est divisée depuis que la Turquie a envahi le nord de l'île en 1974, en réaction à un coup d'Etat visant à rattacher Chypre à la Grèce.

M. Anastasiades a été le seul des candidats à soutenir en 2004 un plan de réunification négocié sous l'égide de l'ONU et rejeté par une grande majorité de Chypriotes-grecs, ce que n'ont pas manqué de lui reprocher ses rivaux.

Il prône désormais un consensus politique sur ce dossier, sans pour autant présenter de stratégie claire.

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