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21/02/2013 07:17 EST | Actualisé 23/04/2013 05:12 EDT

Le Fespaco, rendez-vous du cinéma africain, s'ouvre samedi à Ouagadougou

Le coeur du cinéma africain battra à Ouagadougou à partir de samedi à l'occasion du Fespaco, grand festival qui pour sa 23e édition met les femmes à l'honneur en leur confiant la présidence de tous les jurys.

Guirlandes rouges, jaunes et noires sur les voies menant au siège de l'événement: la capitale du Burkina Faso est aux couleurs du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco), qui s'attend à accueillir plusieurs milliers de cinéphiles du monde entier sur sept sites de projection.

La fête commencera samedi soir au Stade du 4-août, le grand stade de la ville, avec un spectacle de danse de la compagnie burkinabè Salia Ni Seydou, un concert du groupe nigérian à succès Flavour et des feux d'artifices. Les Ivoiriens de Magic System clôtureront en musique les festivités le 2 mars.

Comme depuis sa création en 1969 par une poignée de cinéastes et de cinéphiles, de grands noms du 7e art répondront présents durant la semaine, comme Alain Gomis (Sénégal), Abderrahmane Sissako (Mauritanie), Mahamat Saleh Haroun (Tchad) et Nabil Ayouch (Maroc).

"C'est la volonté des pères fondateurs que nous perpétuons. Quand ils l'ont créé, ils ont dit que le Fespaco serait la vitrine du cinéma africain, que tous les deux ans Ouagadougou serait le seul endroit en Afrique où l'on vienne prendre le pouls de l'évolution du cinéma et de l'audiovisuel africain et de la diaspora", explique à l'AFP le délégué général du festival, Michel Ouédraogo.

Sur les 750 oeuvres reçues par les organisateurs, 170 seront projetées, dont 101 films en compétition dans les différentes catégories.

Dans la section long métrage, vingt films brigueront l'Etalon d'or de Yennenga, la récompense reine. Lors de la dernière édition, en 2011, le trophée avait été décroché par "Pégase", du Marocain Mohamed Mouftakir.

Pour cette prestigieuse catégorie, le jury sera présidé par la Française Euzhan Palcy, figure du cinéma de la diaspora et réalisatrice martiniquaise de "Rue Case-nègres" et d'"Une saison blanche et sèche".

Euzhan Palcy ne sera pas la seule femme dans un jury, car, grande première, la présidence de tous les jurys a été confiée cette année à des femmes.

"La femme africaine doit être célébrée et le Fespaco veut donner le +la+", indique Michel Ouédraogo. "Il faut que nous donnions de plus en plus de visibilité et de rôle à la femme dans la promotion du cinéma africain".

La cuvée 2013 est placée sous le thème "cinéma africain et politiques publiques en Afrique", qui sera décliné à travers des débats entre cinéastes, responsables politiques et partenaires du cinéma du continent.

Alors qu'en Afrique les salles obscures ferment les unes après les autres depuis des années, transformées en grands magasins ou en lieux de culte, les acteurs du secteur se plaignent du soutien insuffisant des pouvoirs publics, mais aussi des partenaires extérieurs.

Partenaire historique du cinéma africain, l'Union européenne (UE) a élargi au fil des années ses financements à d'autres régions du monde et les cinéastes du continent trouvent moins de soutien à ses "guichets", souligne le critique burkinabè Ardiouma Soma, déplorant également le tarissement des fonds publics dans les pays africains.

D'une manière générale, "il y a encore beaucoup de choses à faire pour qu'il y ait une véritable industrie du cinéma africain", estime celui qui fut directeur de la Cinémathèque africaine - abritée au siège du Fespaco - durant plus d'une décennie.

Quelque 970 millions FCFA (près de 1,5 million d'euros) ont été mobilisés pour organiser cet évènement, financé principalement par le gouvernement du Burkina Faso et l'UE.

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