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21/02/2013 06:19 EST | Actualisé 23/04/2013 05:12 EDT

L'action de Bombardier chute après le dévoilement de profits en forte baisse

MONTRÉAL - L'action de Bombardier (TSX:BBD.B) a plongé de plus de neuf pour cent jeudi après la publication de résultats trimestriels décevants.

Le titre a perdu 39 cents pour clôturer à 3,89 $, à la Bourse de Toronto. Près de 39 millions d'actions ont changé de mains. Il faut dire que l'action avait connu une bonne progression depuis le creux de 2,99 $ atteint en novembre.

Au quatrième trimestre, qui a pris fin le 31 décembre, la multinationale montréalaise a enregistré des profits nets d'à peine 14 millions $ US (0 cent US par action), en forte baisse par rapport aux 214 millions $ US (12 cents US par action) dégagés pendant la même période de 2011.

En excluant les éléments exceptionnels, qui comprennent notamment des frais de 119 millions $ US liés à la suppression de 1200 postes, le bénéfice par action s'est établi à 10 cents US, en deçà des attentes des analystes financiers, qui tablaient sur 12 cents US.

Le chiffre d'affaires trimestriel s'est élevé à 4,8 milliards $, en hausse de 10,2 pour cent. Encore là, les analystes espéraient plus, prévoyant des revenus d'au moins 5 milliards $ US.

Bombardier termine l'année 2012 avec des profits nets de 598 millions $ US (32 cents US par action), en baisse de 28,6 pour cent par rapport aux 837 millions $ US (47 cents US par action) engrangés en 2011. Les revenus annuels ont reculé de 8,6 pour cent pour se chiffrer à 16,8 milliards $ US.

«Nos résultats de 2012 ne sont pas représentatifs de notre potentiel», a déclaré le président et chef de la direction de Bombardier, Pierre Beaudoin, avant de se montrer optimiste pour l'avenir.

«C’est une période passionnante pour Bombardier et nous sommes sur le point de voir une importante croissance des revenus», a-t-il indiqué, en évoquant des ventes additionnelles de 8 à 12 milliards $ US par année à moyen terme.

Chez Bombardier Aéronautique, les revenus ont été de 2,6 milliards $ US au quatrième trimestre, comparativement à 2 milliards $ US pendant la même période de 2011 (celle-ci ne comportait toutefois que deux mois en raison du changement de la date de fin d'exercice). Le bénéfice net avant intérêts et impôts (BAII) a atteint 89 millions $ US, en baisse de 29,9 pour cent par rapport aux 127 millions $ US du quatrième trimestre de 2011.

Pour l'ensemble de l'année, le chiffre d'affaires de Bombardier Aéronautique a progressé de 7,7 pour cent et s'est établi à 4,6 milliards $ US. Le BAII s'est chiffré à 405 millions $ US, en baisse de 19,3 pour cent.

Du côté de la division ferroviaire, Bombardier Transport, les revenus trimestriels ont atteint 2,2 milliards $, en baisse de 6,2 pour cent par rapport à 2011. La division a subi une perte avant intérêts et impôts de 77 millions $ US alors qu'elle avait enregistré un BAII de 166 millions $ US l'année précédente.

En 2012, Bombardier Transport a vu ses revenus chuter de 16,5 pour cent pour atteindre 8,1 milliards $ US. Le BAII a fondu encore plus, passant de 700 à 290 millions $ US.

Le géant a du mal à améliorer sa rentabilité. Bombardier Transport a reporté à l'année prochaine l'atteinte de son objectif de dégager une marge bénéficiaire d'exploitation de huit pour cent.

Chez Bombardier Aéronautique, la marge d'exploitation devrait en 2013 être semblable à celle obtenue en 2012, soit 4,7 pour cent. Elle devrait remonter à six pour cent en 2014, et ce, malgré l'impact dilutif de la mise en service des avions CSeries. Comme c'est généralement le cas dans l'industrie, les premiers appareils vendus dans une nouvelle gamme sont moins rentables _ voire pas du tout.

Bombardier a par ailleurs confirmé jeudi le report à l'été 2014 du lancement de son nouvel avion d'affaires Learjet 85, qui devait entrer en service cette année.

L'automne dernier, l'avionneur avait repoussé de six mois le premier vol de la CSeries, qui doit désormais avoir lieu d'ici la fin juin.

De plus, dans le but de réduire ses dépenses, Bombardier a décidé de combiner la future usine d'assemblage de la CSeries à celle des jets régionaux CRJ, à Mirabel. L'intention initiale de l'entreprise était de construire, à Mirabel, des installations autonomes pour la CSeries.

Au 31 décembre, le carnet de commandes des deux divisions de Bombardier atteignait la valeur record de 66,6 milliards $ US, soit 13,7 pour cent de plus qu'à la fin septembre.

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