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21/02/2013 05:30 EST | Actualisé 23/04/2013 05:12 EDT

Assassinat du Tunisien Chakri Bélaïd : des suspects arrêtés

Deux semaines après l'assassinat de l'opposant Chokri Bélaïd à Tunis, le ministère de l'Intérieur a annoncé l'arrestation de suspects sans donner de détails sur l'identité ou le nombre des personnes arrêtées.

« L'enquête a bien progressé au point d'arriver à l'arrestation de suspects », a déclaré à la presse le ministre de l'Intérieur, Ali Larayedh.

« L'enquête n'a pas abouti encore à l'identification du tueur, de ceux qui sont derrière cet assassinat et des mobiles », a-t-il indiqué.

Le silence des autorités sur cette enquête a nourri de nombreuses spéculations et a conduit des soupçons envers les ministres de l'Intérieur et de la Justice, tous deux issus d'Ennahda.

Selon le journaliste Jamel Arfaoui, citant des sources du ministère de l'Intérieur, l'assassin de Chokri Bélaïd serait « un ancien criminel en cavale » converti au salafisme et devenu membre d'une cellule de ce mouvement.

À la suite de ces déclarations, le conseiller du ministre de l'Intérieur, Lotfi Hidouri, a répliqué en indiquant qu'il s'agit d'« intox et informations erronées ».

« Nous n'avons aucune confiance » dans les deux ministères, a déclaré Zied Lakhdhar, du parti de Chokri Bélaïd, estimant que le meurtre n'était « pas l'œuvre d'individus, mais d'un réseau disposant d'appuis logistiques ».

Pour sa part, l'avocat Mohamed Jmour estime qu'il y a une volonté d'« escamoter la vérité et épargner les vrais commanditaires ».

Par ailleurs, des opposants et organisations internationales ont demandé une enquête indépendante. « Une parodie d'enquête ne suffira pas », a prévenu Amnistie internationale.

Armes et explosifs

Par ailleurs, le ministre de l'Intérieur a annoncé que d'importantes quantités d'armes et d'explosifs ont été saisies à Mnihla, près de la capitale.

Il y a un mois, un entrepôt secret d'armes avait été localisé dans la ville de Medenine, non loin de la frontière libyenne.

Échanges de tirs

Dans la ville de Sidi Bouzid, où a démarré la révolte qui a mené à la chute de l'ex-président Benali, deux policiers ont été blessés dans un échange de tirs jeudi avec des salafistes présumés.

Quatre hommes armés s'étaient retranchés dans une mosquée du centre de la ville après avoir été pourchassés par les forces de l'ordre et ont réussi à prendre la fuite.

Quand les forces de police et des soldats ont encerclé dans la soirée la mosquée, des militants salafistes se sont interposés pendant la prière du soir, permettant à leurs camarades de s'enfuir.