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21/02/2013 06:06 EST | Actualisé 23/04/2013 05:12 EDT

Affaire Pistorius: un nouvel enquêteur remplacera l'enquêteur accusé de sept tentatives de meurtre (VIDÉO)

Un nouveau chef enquêteur a été désigné jeudi dans l'affaire Pistorius pour remplacer son confrère Hilton Botha, accusé de sept tentatives de meurtre après une fusillade en service, a annoncé jeudi la directrice de la police nationale sud-africaine Riah Phiyega.

"Nous reconnaissons l'importance et la gravité de l'affaire", a-t-elle souligné au cours d'un point de presse, annonçant la désignation du lieutenant-général Vineshkumar Moonoo, qu'elle a qualifié de "détective le plus expérimenté de la police sud-africaine".

Les poursuites contre Botha avaient été provisoirement suspendues mais "après la finalisation de l'enquête, l'affaire est revenue devant le parquet pour décision" et "nous avons reçu hier (mercredi) la décision du parquet et sur cette base, nous avons jugé nécessaire de transférer l'enquête (Pistorius) sous la direction du lieutenant-général Moonoo", a dit Mme Phiyega.

La porte-parole du parquet Bulelwa Makeke a exprimé sa satisfaction après le limogeage de Hilton Botha: "C'est dans l'intérêt de la crédibilité de la justice", a-t-elle déclaré à l'AFP.

Hilton Botha est accusé de sept tentatives de meurtre pour avoir tiré sur un taxi collectif en 2009, alors qu'il était ivre.

Car mercredi déjà, Hilton Botha avait été bousculé par Me Barry Roux, qui défend le champion accusé du meurtre de sa petite amie Reeva Steenkamp. L'avocat avait pointé une à une les failles de l'enquête, donnant l'impression au public de la salle d'audience que le dossier de l'accusation s'effondrait pan par pan.

Botha a dû admettre successivement que ses hommes avaient "oublié" de prélever une douille dans la cuvette des toilettes, et étaient entrés dans la maison sans chaussures de protection. Ils n'ont pas non plus vérifié les appels téléphoniques de l'accusé.

Il a aussi dû reconnaître la faiblesse de témoignages clés. Me Roux a eu beau jeu de noter qu'un témoin, affirmant avoir entendu des cris de dispute dans la nuit, habite à plus de 300 mètres de la maison de Pistorius.

Et qu'un autre témoin, affirmant avoir entendu une femme crier entre deux séries de coups de feu, a fait état de cinq ou six tirs, alors que la police affirme que Pistorius n'a tiré que quatre fois.

Cette affaire ne va pas rehausser la confiance des Sud-Africains en leur police, qui passe pour corrompue, peu compétente, et peu respectueuse des droits de l'homme.

Le mauvais exemple est venu de haut: deux des derniers chefs de la police nationale ont été condamnés ou suspendus pour faits de corruption, en 2010 puis 2012.

Le massacre de 34 mineurs en grève à Marikana aurait pu permettre une prise de conscience. Mais aucun policier ni responsable n'a démissionné, ni été sanctionné à la suite de cet événement, qui a pourtant bouleversé le pays.

Le manque de rigueur de la police "est un désastre pour ce procès, et soulève des questions", commentait mercredi l'analyste Frans Cronje, avant même de savoir que Botha était poursuivi pour tentatives de meurtre.

"De ce que nous avons vu (mercredi), la police n'était pas au niveau de ce qu'on peut attendre dans une démocratie digne de ce nom", a-t-il dit à l'AFP: "15 000 personnes sont assassinées chaque année dans ce pays, et le taux de résolution des enquêtes est de 10%, ce qui donne l'étendue du problème."

Plusieurs de ses confrères notent en outre que l'affaire Pistorius, qui concerne des célébrités vivant dans un quartier huppé, bénéficie sans doute de beaucoup plus de moyens policiers que n'importe quelle enquête pour un meurtre dans une township.

Pour le criminologue et auteur de livres à succès Anthony Altbeker, il faut cependant relativiser les critiques: "De bons avocats peuvent souvent ridiculiser la police", dit-il. "L'enquête n'est pas terminée, il y a encore beaucoup d'inconnues et il y a probablement des éléments que la police ne veut pas révéler" avant le procès, selon lui.

L'audience qui se tient cette semaine à Pretoria n'est en effet pas le procès de Pistorius, mais seulement une procédure pour décider d'une éventuelle remise en liberté sous caution.

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