POLITIQUE
20/02/2013 12:34 EST | Actualisé 22/04/2013 05:12 EDT

L'UPAC à Montréal: Lisée et Gaudreault appellent au calme (VIDÉOS/PHOTOS)

QUÉBEC - Au lendemain d'une spectaculaire perquisition à l'hôtel de ville de Montréal, le ministre responsable de la région, Jean-François Lisée, a déclaré qu'il maintient «pour l'instant» sa confiance envers l'administration du maire Michael Applebaum, longuement interrogé par les policiers.

M. Lisée a soutenu mercredi que contrairement à l'ex-maire Gérald Tremblay, M. Applebaum n'était pas discrédité par l'opération de l'Unité permanente anticorruption (UPAC), qui a entraîné le bouclage complet du siège municipal mardi.

«Pour l'instant, ça va, attendons la suite, a-t-il dit lors d'un bref point de presse avant le conseil des ministres. Laissons la justice suivre son cours et respectons la présomption d'innocence.»

Le ministre de la Sécurité publique, Stéphane Bergeron, a quant à lui refusé de préciser s'il fait toujours confiance à M. Applebaum.

«Ce n'est pas ce que je vous dis. Ce que je vous dis c'est qu'il faut laisser travailler les policiers. Manifestement, il y a des trucs qui doivent faire l'objet de vérifications», a-t-il dit.

À défaut de se prononcer sur les individus en cause, M. Bergeron a cependant invité les Québécois à faire confiance à leurs institutions.

Environ 125 policiers ont été déployés mardi à l'hôtel de ville, dans les bureaux du parti de l'ex-maire Tremblay, Union Montréal, et dans six arrondissements montréalais.

Ces perquisitions s'inscrivent dans le cadre d'une enquête amorcée en 2010 relativement à des allégations de fraude, d'abus de confiance et de fabrication de faux documents.

En soirée mardi, M. Applebaum a convoqué un point de presse pour assurer qu'il ne faisait pas l'objet d'une enquête. M. Applebaum a remplacé en novembre dernier M. Tremblay, qui a démissionné lorsque son administration a été éclaboussée par des allégations de corruption, notamment dans des témoignages entendus à la Commission Charbonneau.

À Québec, mercredi, M. Lisée a soutenu qu'aucun élément ne permet de conclure que M. Appelbaum est mêlé à des malversations.

«Nous devons reconnaître cette présomption d'innocence, la qualité de M. Applebaum, sa collaboration avec les enquêtes policières, a-t-il dit. Tant que cette situation ne change pas notre soutien reste entier.»

Comme ses collègues du gouvernement, M. Lisée a attribué cette situation au temps que les libéraux ont mis avant de mandater la Commission Charbonneau.

«Ce serait préférable qu'il n'y ait pas eu de malversations, donc qu'on ne soit pas dans cette situation, a-t-il dit. Ce serait, comme la première ministre (Pauline Marois) l'a dit hier, extraordinairement préférable que le gouvernement précédent ait agi beaucoup plus tôt pour donner ces outils à la police et donc on serait dans une autre situation.»

Le ministre des Affaires municipales, Sylvain Gaudreault, qui avait parlé avec M. Applebaum mercredi, a affirmé que l'opération policière ne commande pas automatiquement la mise en tutelle de Montréal.

«C'est évident que c'est inquiétant, mais pour la suite des choses, on suit ça de très près et l'UPAC fait son travail», a-t-il dit.

Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, a estimé que la situation est préoccupante à Montréal.

«Ce ne sont pas juste des problèmes de corruption, il y avait aussi de toute évidence des problèmes de gestion», a-t-il dit.

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