BIEN-ÊTRE
20/02/2013 11:51 EST | Actualisé 22/04/2013 05:12 EDT

Un Salon de l'agriculture plus que jamais "Made in France"

En plein scandale de fraude à la viande de cheval camouflée en boeuf, les agriculteurs français joueront plus que jamais la carte des produits "Made in France" et de la vente directe lors du Salon de l'agriculture, qui s'ouvre samedi à Paris et fête cette année ses 50 ans.

Pour l'occasion, le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, promet que "les filières de viandes françaises qui produisent et vendent de la viande en France parfaitement tracée" seront à l'honneur.
Premier visiteur, François Hollande inaugurera la manifestation. Le président de la République battra-t-il la performance marathon du candidat Hollande qui avait parcouru les allées de la Porte de Versailles pendant 11 heures et demi en 2012 ? "Ce ne sera pas court", indique M. Le Foll.

Cette année, le Salon de l'agriculture s'ouvre au moment où les consommateurs s'interrogent face à la fraude géante portant sur de la viande de cheval utilisée en lieu et place du boeuf dans plusieurs millions de plats de l'industrie agroalimentaire partout en Europe.

Ce n'est pas la première crise qu'il affronte. La dernière remonte à 2006: le Salon s'était ouvert sur fond de psychose autour de la grippe aviaire et la fréquentation avait chuté de 20% malgré l'interdiction de toute volaille Porte de Versailles.

L'affaire des lasagnes au cheval a surtout éclaboussé les industriels et la grande distribution, mais elle touche aussi par ricochet les éleveurs, qui craignent que le public ne se détourne encore davantage des produits carnés, la consommation de viande ayant déjà baissé d'environ 10% en dix ans.

Depuis le début de ce "Chevalgate", les fédérations d'éleveurs (bovins, porcins, volailles) répètent qu'il faut davantage de transparence et d'information sur l'origine des ingrédients des plats préparés.
Et ils vantent des labels comme "Volaille Française" ou VPF (Viande de Porc Française).

Les tracteurs à Villepinte

Le Salon de l'agriculture, qui n'est plus le rendez-vous professionnel de ses débuts, mais un événement avant tout grand public, apparaît comme une vitrine grandeur nature pour le monde agricole.

Les visiteurs - 700.000 attendus, selon les organisateurs - pourront notamment visiter la Maison de l'Éleveur, guidés par des professionnels, venus de tous horizons, qui se relaieront.

Ils pourront aussi assister à l'éclosion en direct de poussins sur les stands de volaillers. Les oeufs, en provenance de fermes de la Sarthe, auront pris le TGV Le Mans-Paris au petit matin pour arriver vers 9H00 au Salon, juste à temps pour les premières éclosions...

Autre stand événement, la Ferme pédagogique offrira grandeur nature une vision didactique de la vie à la ferme, "du rôle de chaque animal et des changements intervenus dans une société où le tracteur a remplacé le cheval", selon les organisateurs du Salon.

Le traditionnel Concours général agricole mettra sur le podium les plus beaux des animaux reproducteurs, mais aussi les meilleurs produits de l'Hexagone avec cette année, aux côtés des camemberts, foies gras et vins, deux nouvelles catégories: le safran et les confitures.

En parallèle se tiendra au parc des expositions de Villepinte la 75e édition du Sima, le mondial des fournisseurs de l'agriculture et de l'élevage pour les fans de tracteurs, mais aussi ceux qui s'intéressent à la sélection génétique du cheptel.

Se tenant tous les deux ans et sur quatre jours seulement (du 24 au 28 février), il est destiné aux professionnels.

Il s'ouvrira sous de bons auspices: l'agroéquipement s'est particulièrement bien porté en 2012 avec un chiffre d'affaires de plus de 5 milliards d'euros en France grâce à la flambée des prix des matières premières qui a donné aux céréaliers les moyens d'investir, explique Martine Degremont, directrice du Sima.

Enfin, avis aux jeunes en quête de vocation et aux demandeurs d'emploi: 10.000 emplois sont à pourvoir dans les champs. Des "jobs datings" seront organisés notamment au Sima pour le secteur des agroéquipements où 5.000 postes sont à saisir.

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