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20/02/2013 06:24 EST | Actualisé 22/04/2013 05:12 EDT

Le gouvernement mexicain accusé de fermer les yeux sur les disparitions

MEXICO - Un rapport de l'organisation Human Rights Watch publié mercredi qualifie de «désastreuse» la lutte contre les narcotrafiquants menée par le Mexique et cite 249 cas de disparitions forcées, dont la plupart seraient attribuables à l'armée ou aux forces de l'ordre.

Le rapport affirme que les disparitions forcées suivent un modèle dans lequel les forces de sécurité arrêtent des personnes sans mandat à des points de contrôle, dans des résidences, des lieux de travail ou en public. Quand les proches des personnes arrêtées demandent ensuite des informations, les forces de sécurité nient les arrestations ou leur disent d'aller les chercher dans les postes de police ou les bases militaires.

Human Rights Watch critique l'ancien président Felipe Calderon pour avoir ignoré le problème, affirmant qu'il s'agit de «la pire crise de disparitions forcées en Amérique latine depuis des décennies».

Même si le rapport admet que le président actuel a hérité du problème, il demande à Enrique Peña Nieto d'agir de toute urgence «dans les cas où des gens ont été emmenés contre leur volonté et dont le sort reste inconnu».

Le département mexicain de l'Intérieur, qui supervise les services de sécurité, a refusé de commenter le rapport dans l'immédiat.

À la fin de 2012, l'organisation Propuesta Civica avait publié une base de données contenant des informations officielles sur plus de 20 000 personnes portées disparus au Mexique dans les six années précédentes.

Parmi les disparus figurent des policiers, des maçons, des femmes au foyer, des avocats, des étudiants, des hommes d'affaires et plus de 1200 enfants âgés de moins de 11 ans. L'organisation les nomme tous un par un et précise leur nom, leur âge et leur sexe, ainsi que la date et le lieu de leur disparition.