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20/02/2013 10:14 EST | Actualisé 22/04/2013 05:12 EDT

Le FMI a amélioré son image mais son "impartialité" reste à prouver (audit)

Le FMI a amélioré son image en faisant preuve de "souplesse" face à la crise économique mais prête encore le flanc aux soupçons de partialité envers les grandes puissances, selon un audit interne publié mercredi.

"L'image du Fonds semble s'être nettement améliorée dans le sillage de la crise mondiale", souligne le Bureau d'évaluation indépendant du Fonds (IEO) qui a mené une enquête auprès de plus 400 représentants d'Etats-membres.

Selon ce rapport, la crise a été une "piqûre de rappel" pour le Fonds dont l'utilité était alors de plus en plus contestée. "Beaucoup des grands pays émergents et développés ne voyaient plus d'intérêt à engager des relations avec le Fonds", souligne l'IEO.

Mais avec la crise, le Fonds est revenu en première ligne, participant à plusieurs plans de sauvetage en Europe (Grèce, Portugal, Irlande...) et renforçant son rôle de surveillance.

Autrefois clouée au pilori pour sa rigidité et sa défense de la rigueur budgétaire, l'institution a alors été louée pour sa "souplesse" qui l'a conduite à soutenir et encourager des plans de relance massifs et à poser "moins de conditions" à l'octroi de son aide, souligne l'audit.

"Le Fonds est désormais perçu comme plus souple et réactif", affirme l'IEO, soulignant toutefois que les griefs contre l'institution restent nombreux.

Certains d'entre eux ne sont pas réellement de son fait. Par essence, le Fonds doit à la fois conseiller les pays et les contrôler dans le cadre de sa mission de surveillance de l'économie mondiale, créant immanquablement des "tensions".

"Il est sans doute impossible de se sortir parfaitement de cette situation", reconnaît l'audit.

Mais d'autres reproches tiennent davantage à l'action du FMI elle-même.

La "plupart" des Etats-membres ont tout d'abord été "déçus" que le Fonds ait échoué à émettre des "signaux d'alerte" pour prévenir de l'imminence de la crise mondiale, souligne l'IEO.

En écho aux critiques sur la gouvernance du Fonds, l'audit relève également le sentiment chez certains Etats-membres que l'institution reste dominée par ses principaux actionnaires (Etats-Unis, Europe), "sapant son rôle de conseiller digne de confiance".

Dans ses plans d'aide accordés en zone euro, le Fonds se serait ainsi montré plus "conciliant" que dans d'autres régions du monde, selon le rapport.

Celui-ci relève également des soupçons de "traitement inégalitaire" en terme de transparence. Les rapports évaluant l'économie des pays d'importance "systémique" seraient ainsi sujets à des "corrections et à des suppressions" de passages, notamment sur les taux de change, qui les rendraient moins "sincères".

En annonçant sa démission à l'été 2012, un expert du Fonds, Peter Doyle, avait affirmé que des mises en garde sur la zone euro avaient été "supprimées" de certains rapports.

"Les plus grands utilisateurs de telles modifications sont les pays développés et les pays émergents dont les taux de suppression (de passages, ndlr) ont augmenté de façon évidente", souligne l'audit.

Réagissant au rapport, la directrice générale du Fonds, Christine Lagarde, a reconnu que le Fonds devait encore "en faire plus" pour que l'ensemble de ses Etats-membres voient dans l'institution "un partenaire honnête, impartial, et intellectuellement rigoureux".

Dans une réaction séparée, les équipes du FMI se sont montrées plus critiques, assurant que l'audit se fondait parfois sur des données "obsolètes" et que sa "tonalité négative" tranchait avec l'appréciation générale des autorités.

Créé en 2011, l'IEO est totalement indépendant du conseil d'administration du Fonds, qui représente ses 188 Etats-membres. Il compte 12 membres, pour la plupart anciens experts du Fonds ou de la Banque mondiale.

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