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20/02/2013 11:44 EST | Actualisé 22/04/2013 05:12 EDT

L'ASSE perd cinq votes de grève

L'Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSE) peine à mobiliser ses membres en prévision de la manifestation qui doit se tenir pendant le Sommet sur l'enseignement supérieur les 25 et 26 février prochain à Montréal. Les votes de grève ont été rejetés dans cinq cégeps mardi.

Les cégeps de Valleyfield et du Vieux-Montréal, reconnus pour leur militantisme, de même que ceux de Drummondville, de Rimouski et de Matane ont voté contre le déclenchement d'une grève en prévision du sommet. Le rejet de la grève dans ces cinq établissements représente 12 000 grévistes de moins pour l'ASSE.

La désaffection du cégep de Valleyfield surprend, puisque ses étudiants ont été les premiers à quitter les salles de cours lors du conflit du printemps dernier. Et il est fréquenté par Jeanne Reynolds, l'une des coporte-parole de la CLASSE lors du conflit. De plus, plusieurs postes demeurent inoccupés au sein des associations étudiantes, dont deux dans le comité exécutif de l'ASSE, selon son site Internet.

« La concertation, ce n'est pas notre mode de fonctionnement » - Jérémie Bédard-Wien

Les votes rejetant la grève surviennent peu après la décision de l'ASSE de boycotter le Sommet sur l'enseignement supérieur. Une position très tranchée, mais que l'on comprend mieux à la lumière des propos qu'a tenus l'automne dernier le nouveau porte-parole de l'ASSE, Jérémie Bédard-Wien, dans une vidéo disponible sur YouTube.

La vidéo ci-dessous est disponible en anglais seulement :

« Nous ne devons pas modifier notre relation avec le gouvernement, notre relation doit être une relation de confrontation », affirme Jérémie Bédard-Wien dans un extrait qui provient d'une vidéo tournée en octobre 2012. Alors secrétaire-trésorier de l'ASSE, le jeune homme réalisait une série de conférences sur le printemps érable au Canada et en Angleterre. Il y parle entre autres de la stratégie de l'ASSE à l'égard du nouveau gouvernement péquiste, avec lequel, dit-il, la concertation ne mènera nulle part.

« C'est un gouvernement qui est néo-libéral, comme le gouvernement précédent, mais qui a une approche différente par rapport aux mouvements sociaux [...] Par contre, il ne faut pas se faire d'illusion : la concertation, ce n'est pas notre mode de fonctionnement, ce n'est pas comme ça qu'on gagne quoi que ce soit », poursuit le coporte-parole de l'ASSE.

Dans un autre extrait, Jérémie Bédard-Wien commente la déclaration publique dans laquelle l'ASSE se prononce sur l'émeute de Victoriaville en mai 2012, après beaucoup de pression du gouvernement Charest. « Nous sommes exclus d'une table de négociations dans ces jours-là, parce que nous n'avons pas condamné la violence. Violence que nous finirons par condamner à demi-mot [...] pour être réintégrés à la table de négociations. Ce faisant, évidemment, on ne dénonce strictement rien [...] », affirme-t-il.

Interrogé, Jérémie Bédard-Wien a répondu qu'il s'agissait d'une interprétation personnelle des événements et qu'elle ne représentait par la position de l'ASSE, dont il est maintenant l'un des principaux porte-parole.