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20/02/2013 12:50 EST | Actualisé 22/04/2013 05:12 EDT

La rébellion syrienne menace de bombarder le Hezbollah au Liban

La principale composante de la rébellion syrienne a menacé de bombarder dès jeudi le mouvement Hezbollah au Liban accusé de tirer sur des localités rebelles en Syrie, une escalade sans précédent qui fait de nouveau craindre un débordement du conflit syrien.

Cette menace a été proférée, dans une déclaration mercredi à l'AFP par le général Selim Idriss, chef d'état-major de l'Armée syrienne libre (ALS), qui a accusé dans le passé le mouvement armé chiite libanais Hezbollah de combattre au côté du régime de Bachar al-Assad, son allié indéfectible.

Mais c'est la première fois qu'il est fait état de bombardements du mouvement à partir du Liban vers la Syrie voisine.

"Ce qui est nouveau c'est que le Hezbollah a commencé à bombarder les villages autour de Qousseir à partir du territoire libanais et nous ne pouvons pas l'accepter", a-t-il dit depuis la Turquie, en parlant de tirs à partir du village libanais de Zeita dans la Békaa. Qousseir est proche de la frontière.

"Nous avons annoncé hier (mardi) que si cela ne cessait pas dans les 48 heures, l'ASL répondrait aux sources des tirs. Au terme des 48 heures, c'est-à-dire jeudi, l'ASL à Qousseir répondra aux sources des tirs et nous mobiliserons aussi les combattants dans d'autres régions", a-t-il averti.

Le responsable a ajouté avoir "demandé au président et au Premier ministre libanais d'intervenir, mais jusqu'à présent nous n'avons rien entendu d'eux". Mais un responsable du bureau du Premier ministre Najib Mikati a dit l'AFP que ce dernier "n'avait jamais eu de contact avec l'ASL".

En 2012, le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah a affirmé que des membres de son parti combattaient les rebelles syriens, mais à titre individuel. Le mouvement publie ainsi de temps à autre des communiqués annonçant la mort d'un de ses combattants dans "l'exercice de son devoir jihadiste".

Dimanche, le Hezbollah a indiqué que trois Libanais chiites avaient été tués dans des combats contre les rebelles en Syrie, se refusant à préciser s'il s'agissait de membres du parti qui domine avec ses alliés le gouvernement libanais.

Le même jour, le Conseil national syrien (CNS), l'une des principales composantes de l'opposition, a accusé le Hezbollah d'avoir lancé samedi "une attaque armée" sur Qousseir.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), ces Libanais sont membres des Comités populaires pro-régime et ont été entraînés par le Hezbollah.

Les rebelles sont en grande majorité sunnite alors que le clan Assad est de confession alaouite, une branche du chiisme.

Le Liban, qui a vécu pendant 30 ans sous tutelle syrienne, est divisé entre le Hezbollah et l'opposition qui appuie la rébellion.

Israël, qui craint un transfert d'armes syriennes au Hezbollah, a revendiqué à demi-mot un raid aérien le 30 janvier, près de Damas, qui a visé un convoi de missiles sol-air et des bâtiments soupçonnés d'abriter des armes chimiques selon des sources américaines.

Sur le terrain, la guerre faisait rage sur de nombreux fronts en Syrie avec la mort de 122 personnes mercredi selon un bilan de l'OSDH, alors que Moscou a averti rebelles et régime qu'une poursuite du conflit mènerait à "une destruction mutuelle".

Pour la deuxième journée consécutive, Damas a été la cible d'obus de mortier qui sont tombés sur un complexe sportif où un footballeur a été tué et quatre blessés selon un responsable.

Dans la région de Damas, les rebelles ont abattu un avion de combat après la mort de 20 personnes, dont des femmes et des enfants, dans un raid aérien, selon l'OSDH. Sur le front d'Alep (nord), les combats continuent d'opposer soldats aux rebelles près des bases aériennes et de l'aéroport international.

Selon l'ONU, plus de 70.000 personnes sont morts dans le pays en près de deux ans de conflit déclenché par une révolte populaire durement réprimée.

bur-sk/tp