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20/02/2013 09:27 EST | Actualisé 22/04/2013 05:12 EDT

Israël: l'attribution à Livni du dossier palestinien suscite les critiques

L'attribution à Tzipi Livni, chef d'un parti centriste, du dossier des négociations de paix avec les Palestiniens dans le futur gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu, suscitait mercredi le scepticisme et les critiques des analystes.

Aux termes de l'accord conclu mardi entre M. Netanyahu et Mme Livni, l'ex-ministre des Affaires étrangères obtient, en plus du portefeuille de la Justice, la direction d'une équipe chargée des négociations avec les Palestiniens.

Benjamin Netanyahu a lancé officiellement au début du mois les tractations avec les partis politiques pour former sa nouvelle coalition gouvernementale après les élections législatives du 22 janvier.

HaTnouah (6 députés sur 120), créé par Mme Livni en novembre, est le premier parti à avoir accepté de le rejoindre.

Mme Livni aura l'exclusivité des négociations avec les Palestiniens, M. Netanyahu s'étant engagé à ne mener "aucune négociation parallèle", selon les détails de l'accord publiés par les médias.

Lorsqu'elle était chef de la diplomatie dans le gouvernement d'Ehud Olmert (2006-2009), elle était en charge des négociations avec les Palestiniens.

Elle était parvenue à des progrès substantiels sur le dossier, lorsque les discussions avaient été interrompues en novembre 2008 par la démission forcée de M. Olmert pour des affaires de corruption.

Mais ce nouveau mandat sur le dossier palestinien pourrait n'avoir aucune implication concrète et être d'abord dicté par les rapports de forces politiques, soulignent les commentateurs.

"Où cela va-t-il mener? Nous pouvons supposer que tant que Netanyahu sera Premier ministre, cela ne mènera nulle part, nada", estime Yossi Verter, l'analyste politique du quotidien de gauche Haaretz.

"Netanyahu va l'utiliser (Livni) comme paravent, comme chargée de communication à l'étranger (...) Il l'enverra souvent voir les Américains et les Européens, qui l'apprécient, pour qu'elle puisse expliquer combien est difficile la vie de la coalition et combien les Palestiniens sont indisciplinés", ironise-t-il.

"Livni, considérée comme une femme de principes, semble avoir vendu ses principes, ses promesses et son programme pour une promesse douteuse, et s'apprête à devenir exactement ce qu'elle avait dit qu'elle ne serait pas, une feuille de vigne dans le gouvernement de Netanyahu", estime également le Yediot Aharonot.

Pendant la campagne électorale, Mme Livni avait qualifié la direction politique de M. Netanyahu de "désastre pour Israël" et M. Netanyahu avait promis qu'il l'écarterait du dossier palestinien en raison de "son irresponsabilité sur le sujet".

Pour M. Netanyahu, il s'agit de faire avancer des tractations politiques délicates pour former une coalition alors que la date butoir approche, ainsi que la visite, en mars, du président américain Barack Obama.

Quant à Mme Livni, elle "n'a pas eu le choix. Avec six sièges, elle n'avait rien à faire dans l'opposition. Elle a déjà été dans l'opposition avec 28 sièges (en 2009 à la tête de Kadima, son précédent parti) et a été écrasée", rappelle le commentateur politique du Yediot.

A l'époque, elle avait refusé d'entrer dans le gouvernement Netanyahu.

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