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20/02/2013 10:39 EST | Actualisé 22/04/2013 05:12 EDT

CPI: l'avocat de l'ex-président Gbagbo affirme qu'il est un bouc-émissaire

LA HAYE, Pays-Bas - L'avocat qui représente l'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo a déclaré mercredi devant les juges de la Cour pénale internationale (CPI) que les procureurs avaient fait de son client le «bouc-émissaire» des violences qui ont éclaté après les élections de 2010.

Au deuxième jour de l'audience préliminaire à La Haye, l'avocat Emmanuel Altit a déclaré que les procureurs se concentraient seulement sur une partie des violences post-électorales et qu'ils ignoraient le rôle du rival de M. Gbagbo, l'actuel président Alassane Ouattara.

Les allégations de Me Altit reflètent les inquiétudes de plusieurs groupes de défense des droits de la personne, qui craignent que le fait que seuls Laurent Gbagbo et sa femme aient été mis en accusation par la CPI donne l'impression que le tribunal se range du côté des vainqueurs.

Les procureurs assurent qu'ils mènent une enquête impartiale sur les deux parties du conflit, qui a fait quelque 3000 morts et nui à la réputation de la Côte d'Ivoire.

Les deux camps ont été accusés d'avoir commis des crimes durant les violences qui ont éclaté après que M. Ouattara eut été déclaré vainqueur de la présidentielle. M. Gbagbo avait refusé d'accepter sa défaite et aurait envoyé ses forces et ses partisans attaquer ceux de son rival.

M. Gbagbo, âgé de 67 ans, est le premier ex-chef d'État à comparaître devant la CPI depuis sa création, il y a dix ans. Il a été extradé à La Haye par le gouvernement ivoirien en novembre 2011.

Me Altit a accusé les procureurs de monter leur dossier à partir de preuves collectées à partir de reportages pro-Ouattara, de faire un tri sélectif des preuves amassées par les organisations de défense des droits de la personne et de ne pas avoir enquêté correctement sur ces éléments.

Il a déclaré que les procureurs organisaient «le procès d'un bouc-émissaire» et a affirmé que M. Gbagbo «est simplement un homme coupable d'avoir voulu émanciper son pays».

L'ancien président n'a rien dit durant l'audience, mais il semblait détendu et souriait à ses partisans présents dans la tribune des visiteurs.

L'audience vise à déterminer si les preuves amassées par les procureurs sont suffisantes pour juger Laurent Gbagbo devant la CPI.

Mardi, les procureurs avaient déclaré que M. Gbagbo était prêt à tout pour s'accrocher au pouvoir après avoir perdu l'élection présidentielle et qu'il avait fait usage d'une force létale contre des civils favorables à Alassane Ouattara.