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19/02/2013 04:41 EST | Actualisé 21/04/2013 05:12 EDT

Un rapport américain accuse l'armée chinoise de piratage sur internet

L'armée chinoise contrôle des centaines, voire des milliers de pirates informatiques parmi les plus virulents du monde, selon une firme américaine de sécurité sur internet, dont le rapport a suscité l'ire de Pékin.

Ces hackers, qui s'en sont pris récemment à des journaux américains, des sociétés et des agences du gouvernement, sont "basés principalement en Chine et le gouvernement chinois est tout à fait au courant de leurs activités", affirme la société Mandiant.

Celle-ci est l'un des conseils du gouvernement américain en matière de sécurité informatique. Elle a rendu un rapport de 74 pages après avoir mené des centaines d'enquêtes sur le sujet au cours des trois dernières années.

La publication de ce rapport a immédiatement entraîné un vigoureux démenti de Pékin: "Il n'est ni professionnel ni responsable de faire des accusations sans fondements, sans preuves tangibles, et cela ne contribue pas à résoudre les problèmes qui comptent", a déclaré à Pékin le porte-parole du ministère des Affaires étrangères chinois, Hong Lei.

"La Chine s'oppose fermement au piratage", a-t-il poursuivi, arguant que la Chine en était elle-même largement victime. "Parmi toutes les cyberattaques contre la Chine, les plus nombreuses sont celles provenant des Etats-Unis", a-t-il encore avancé.

Côté américain, les réactions sont restées mesurées, même si tous les responsables interrogés sur le rapport ont souligné leur "inquiétude" sur le sujet.

Les autorités américaines "évoquent fréquemment cette question avec les responsables chinois, y compris avec des responsables militaires", a déclaré le porte-parole de la Maison Blanche Jay Carney.

"Nous avons fait part de nos inquiétudes de façon répétée quant au vol (de données) sur internet au plus haut niveau avec les responsables chinois, y compris l'armée, et nous continuerons à le faire", a renchéri le porte-parole du Pentagone George Little.

Présidente de la Commission du renseignement, la sénatrice Dianne Feinstein a quant à elle souligné que le rapport de Mandiant mettait en relief la nécessité de mettre en oeuvre des règles internationales contre les cyberattaques, comme il en existe contre le crime ou pour régir la guerre.

L'étude de Mandiant s'est concentrée sur un groupe, du nom de "APT1", acronyme de "Advanced Persistent Threat" ("Menace importante permanente"): "Nous croyons qu'APT1 est capable de mener à bien une campagne d'espionnage très vaste sur internet parce qu'il reçoit un soutien direct du gouvernement", assure la société.

Cette organisation serait en fait une filiale de l'Armée de libération du Peuple, appelée Unit 61398, et les signatures de ses cyberattaques ont pu être suivies jusqu'à un immeuble de 12 étages, dans les faubourgs de Shanghaï, selon le rapport, qui estime qu'APT1 compte "des centaines, voire des milliers d'employés".

Le New York Times a lui aussi été visé lui aussi par les attaques supposées provenant d'APT1 juste après la publication par le quotidien d'un article sur la fortune personnelle du Premier ministre chinois Wen Jiabao.

Une cible privilégiée des pirates, selon le quotidien, a par ailleurs été une société pouvant contrôler plus de 60% des oléoducs et gazoducs nord-américains.

Le bâtiment pointé du doigt comme étant le quartier général d'APT1 est situé à Gaoqiao, dans la banlieue nord de Shanghai, près d'une usine pétrochimique et est entouré de petites boutiques.

Un soldat gardait l'entrée de l'immeuble mardi, a constaté un journaliste de l'AFP, alors qu'un écriteau intimait: "Photographies interdites", en chinois et en anglais.

bur-mdm/jca