NOUVELLES
19/02/2013 06:52 EST | Actualisé 21/04/2013 05:12 EDT

Tunisie: la police silencieuse deux semaines après le meurtre de Belaïd

La police tunisienne restait murée dans le silence mardi, deux semaines après le meurtre de l'opposant Chokri Belaïd, se refusant à évoquer les pistes explorées pour élucider ce crime qui a plongé le pays dans une profonde crise politique.

"L'enquête avance sérieusement de façon à élucider ce crime", a affirmé à l'AFP Khaled Tarrouche, porte-parole du ministère de l'Intérieur, reprenant la formule utilisée depuis deux semaines par les autorités.

Interrogé sur d'éventuels suspects et les pistes explorées, il a indiqué ne pas "avoir de détails là-dessus", alors que la classe politique et les médias soulignent l'urgence d'aboutir à des résultats.

M. Tarrouche a néanmoins indiqué qu'un voisin du défunt avait été interpellé et présenté aux autorités judiciaires mardi pour avoir saccagé avec sa voiture dans la nuit de dimanche à lundi une statue à la mémoire du défunt dressée à l'endroit de l'assassinat.

Les proches de l'opposant de gauche, assassiné de trois balles à bout portant en bas de chez lui le 6 février, accuse Ennahda, le parti islamiste au pouvoir, d'être responsable de ce meurtre, ce que ce mouvement dément.

L'opposition accuse depuis des mois la Ligue de protection de la révolution, sorte de milice brutale pro-pouvoir, de multiplier les attaques violentes à son égard pour l'intimider.

La mort de Chokri Belaïd a approfondi une crise préexistante, la classe politique se montrant incapable de remanier le gouvernement. L'initiative du Premier ministre Hamadi Jebali de former un cabinet de technocrates a échoué lundi et un nouveau cycle de pourparlers politique doit être engagé pour trouver une alternative.

alf/Bsh/cnp

PLUS:afp