NOUVELLES
19/02/2013 08:23 EST | Actualisé 21/04/2013 05:12 EDT

Syrie: au moins 33 personnes tuées dans un puissant tir de missile à Alep

BEYROUTH - Un missile tiré par l'armée syrienne a frappé mardi un ensemble d'édifices résidentiels d'un quartier pauvre d'Alep, dans le nord du pays, tuant au moins 33 personnes, selon des militants de l'opposition.

Plusieurs victimes se sont retrouvées coincées sous les édifices effondrés et les débris, et le bilan des victimes pourrait s'alourdir à mesure que des corps sont découverts.

L'apparente attaque au missile sol-sol a touché un quartier tranquille d'Alep tenu par les rebelles depuis plusieurs mois.

Dans la capitale, Damas, deux obus de mortier ont explosé près de l'un des palais du président Bachar el-Assad, a annoncé l'agence de presse officielle SANA. Cette attaque représente un revers pour le président syrien, qui tente de maintenir l'image d'un chef qui dirige un État fonctionnel malgré l'avancée des rebelles vers le siège du pouvoir.

Aucune victime n'a été rapportée et on ne sait pas si Bachar el-Assad se trouvait dans le palais au moment de l'attaque. Le président possède deux autres palais à Damas.

Il s'agit de la première attaque confirmée à survenir près d'un palais présidentiel en Syrie, signe que la guerre civile se répand dans des secteurs de la capitale autrefois considérée comme sûrs.

«C'est un message clair au régime qu'il n'y a plus aucun lieu sûr à partir de maintenant», a déclaré un militant de l'opposition à Damas, Khaled al-Shami, joint par Skype. «Le fait qu'il (le régime) ait été obligé de l'annoncer signifie qu'il ne peut plus cacher ce qui se passe à Damas.»

L'agence SANA a déclaré que des «terroristes» avaient tiré des obus de mortier qui sont tombés près de l'enceinte sud du palais Tichrine, dans le quartier Mouhajirine, dans l'est de Damas. Le gouvernement syrien qualifie les combattants antigouvernementaux de «terroristes».

Le palais Tichrine a souvent servi de lieu de réception pour des dignitaires étrangers et de résidence d'hôtes pour des responsables étrangers en visite en Syrie.

À Alep, des militants antigouvernementaux ont déclaré qu'un tir de missile avait détruit une série d'édifices et tué 33 personnes. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, 14 enfants et cinq femmes figurent parmi les victimes.

Des vidéos mises en ligne montraient des dizaines d'hommes fouillant les décombres dans le quartier pauvre de Jabal Badro, à la recherche de victimes coincées dans les débris.

Un homme muni d'une masse tentait de briser le ciment pendant qu'un bouteur déplaçait des débris. Dans une autre vidéo, on pouvait voir un homme couvert de poussière tenter de sortir d'un amas de débris.

Les vidéos semblent authentiques et correspondent aux informations obtenues d'autres sources par l'Associated Press.

Le Centre des médias d'Alep, une organisation de l'opposition, a pour sa part rapporté plus de 40 morts dans l'attaque et a publié les noms de 21 victimes sur sa page Facebook.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme et le Centre des médias d'Alep, la frappe semble avoir été menée par un missile sol-sol. Le gouvernement syrien n'a pas fait de commentaire.

Un militant du Centre des médias d'Alep, Mohammed al-Khatib, a déclaré lors d'une entrevue par Skype que le bilan des victimes pourrait augmenter puisque les résidants continuent de chercher des corps dans les décombres.

«Il y a encore beaucoup de personnes portées manquantes dans le quartier», a-t-il dit.

Selon lui, la frappe semble avoir été menée par un puissant missile sol-sol à cause de l'ampleur de la destruction et parce que les résidants n'ont pas entendu d'avion survoler le secteur, comme c'est généralement le cas lors de raids aériens.