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19/02/2013 12:56 EST | Actualisé 21/04/2013 05:12 EDT

La sécurité renforcée au Cameroun après l'enlèvement de sept touristes français

YAOUNDÉ, Cameroun - Des hélicoptères militaires continuaient mercredi de rechercher les sept Français enlevés dans le nord du Cameroun, tandis que la sécurité a été renforcée dans la région à cause des tensions liées au rôle de la France en Afrique de l'Ouest.

Le président du Cameroun, Paul Biya, a ordonné un renforcement de la sécurité et des mesures urgentes pour faire libérer les otages, qui comprennent quatre enfants.

Les sept touristes, membres de la même famille, ont été enlevés mardi par des hommes armés dans l'extrême-nord du Cameroun, avant d'être emmenés en direction du territoire nigérian.

Le gouvernement camerounais a précisé dans un communiqué qu'il était en contact avec les autorités nigérianes et françaises.

Des responsables ont suggéré une possible implication de Boko Haram, l'une des sectes extrémistes du Nigeria.

Le niveau d'alerte a été relevé aux frontières nigérianes afin de retracer les ravisseurs, qui seraient déjà dans le pays ou s'y dirigeraient, a déclaré le contrôleur général de l'immigration au Nigeria, Rilwan Musa.

«Nous avons déjà envoyé des messages d'alerte aux frontières nord-est et à toutes les frontières du pays», a-t-il dit. «Nous avons dit à nos hommes d'être alertes. Nous avons fourni à nos postes frontaliers tout l'appui dont ils ont besoin pour les poursuivre, que ce soit le jour ou la nuit.»

Le président français, François Hollande, a qualifié l'enlèvement d'«acte odieux» et s'est dit particulièrement horrifié que des enfants fassent partie des otages.

L'enlèvement est survenu alors que l'armée française est impliquée dans une importante opération militaire contre les jihadistes dans le nord du Mali.

Le gouvernement français a toutefois souligné mercredi qu'il n'y avait aucun lien prouvé entre l'opération au Mali et l'enlèvement au Cameroun.

Mais «ce sont des groupes qui adhèrent au même fondamentalisme et qui ont les mêmes méthodes, que ce soit au Mali, en Somalie ou au Nigeria», a déclaré le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, sur France-2.

Lors d'un échange en ligne avec les journalistes, le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Philippe Lalliot, a souligné qu'il n'y avait jamais eu d'incident lié au terrorisme au Cameroun jusqu'à l'enlèvement de mardi.

La chaîne BFM TV a rapporté qu'un hélicoptère français avait quitté une base française au Tchad en direction du nord du Cameroun et que deux agents du renseignement français étaient arrivés dans la région. Les autorités militaires françaises ont refusé de confirmer cette information à l'Associated Press.

Une porte-parole du procureur de Paris, Agnès Thibault-Lecuivre, a déclaré qu'une enquête préliminaire avait été ouverte pour «enlèvement et séquestration par un groupe organisé lié à une organisation terroriste». La Direction centrale du renseignement intérieur mène l'enquête, a-t-elle dit.

Le gouvernement français a demandé à ses citoyens d'éviter de se rendre dans le nord du Cameroun et à ceux qui s'y trouvent déjà de quitter la région immédiatement.

Le groupe gazier français GDF Suez a indiqué que les otages étaient un employé qui travaillait dans la capitale, Yaoundé, ainsi que sa famille.

Le groupe était en vacances dans le nord du pays et revenait d'une visite au parc national de Waza. Ils ont été enlevés par cinq hommes armés arrivée sur des motos, selon des sources paramilitaires dans la région.

D'après des médias français, les enfants sont âgés de 5 à 12 ans. La télévision camerounaise, citant des sources gouvernementales, a indiqué que les trois adultes avaient été séparés des enfants.