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19/02/2013 05:22 EST | Actualisé 21/04/2013 05:12 EDT

Pistorius maintient la thèse de l'accident

Le Sud-Africain Oscar Pistorius a déclaré mardi, devant un tribunal de Pretoria, avoir tué accidentellement sa conjointe. Le ministère public retient plutôt l'accusation de meurtre prémédité contre lui.

Au cours de son témoignage, l'athlète amputé aux deux jambes a rétorqué qu'il était « profondément amoureux » de sa compagne, la mannequin Reeva Steenkamp, et n'avoir eu aucune intention de la tuer.

Selon Pistorius, qui s'est dit « mortifié par la perte de sa bien-aimée Reeva », il s'agit d'un accident. Il a expliqué avoir tiré à plusieurs reprises contre la porte des toilettes en pleine nuit, pensant qu'un intrus avait réussi à pénétrer chez lui par la fenêtre de la salle de bain.

Il a raconté avoir ensuite utilisé la batte de cricket, retrouvée sur les lieux du crime, pour enfoncer la porte de la salle de bain.

Quant au fait qu'il dormait avec un pistolet 9 millimètres chargé dans sa chambre à coucher, Oscar Pistorius a déclaré à la cour qu'il le gardait sous son lit, car il avait été récemment l'objet de menaces de mort.

L'accusation n'en croit rien

Dans son réquisitoire, la poursuite a expliqué que le sportif avait tiré de sang-froid sur sa petite amie, le jour de la Saint-Valentin.

« La victime a été touchée [par balle] trois fois alors qu'elle était aux toilettes » et « la porte des toilettes a été défoncée depuis l'extérieur. Nous pensons que la porte était fermée à clé », a déclaré le procureur Gerrie Nel.

« Il a mis ses prothèses, marché sept mètres et fait feu » à quatre reprises « sur une femme innocente non armée », a-t-il poursuivi, ajoutant que « l'accusé n'a pas donné sa version des faits », alors qu'« il n'y avait que deux personnes dans la maison cette nuit-là ».

« L'accusé a dit à sa soeur qu'il pensait que c'était un voleur. Pourquoi un voleur s'enfermerait-il dans les toilettes? », a-t-il demandé.

« Ce n'est pas un meurtre », dit la défense

L'avocat de Pistorius, Barry Roux, affirme de son côté qu'il « n'y a aucun élément indiquant la moindre préméditation », évoquant « le cas d'autres affaires où des maris ont tiré sur leur épouse par accident en pensant à un intrus ».

Aucune accusation pour meurtre ne devrait être retenue, soutient Me Barry Roux, qui plaide la thèse de l'accident. « Tout ce que nous savons, c'est qu'elle s'est enfermée dans les toilettes. Elle a été tuée dans les toilettes [...] il a pensé qu'elle était un intrus », a-t-il précisé.

L'avocat a demandé la remise en liberté sous caution de son client, affirmant que « l'accusé n'avait pas de condamnation antérieure à son casier ni d'affaire en cours autre que celle-ci ».

Oscar Pistorius est arrivé en matinée au tribunal d'instance de Pretoria, après avoir été transféré du commissariat de Pretoria, où il était détenu depuis jeudi dernier. Le sportif a de nouveau fondu en larmes devant la cour.

Lors de cette audience, qui devrait durer deux jours, les avocats et les enquêteurs devraient révéler davantage de détails entourant la mort de l'ex-mannequin de 29 ans, la semaine dernière, à la suite d'une présumée dispute conjugale.

« Blade Runner »

Pistorius, qui est amputé des deux jambes sous les genoux depuis l'enfance, a représenté son pays lors des derniers Jeux olympiques d'été. Il est devenu le premier athlète handicapé à participer à la fois aux Jeux olympiques et aux paralympiques.

L'athlète de 26 ans, champion paralympique en titre du 400mètres, court à l'aide de deux prothèses de carbone, qui lui ont valu le surnom de « Blade Runner ».