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19/02/2013 01:49 EST | Actualisé 21/04/2013 05:12 EDT

Le premier ministre tunisien démissionne après l'échec de sa proposition

Tunisian Prime Minister Hamadi Jebali speaks during a press conference on the result of consultations with the political parties on a government reshuffle on January 26, 2013 in Tunis. Ruling Islamist party Ennahda, first said that a reshuffle was 'imminent' last July to enlarge the current coalition that also includes two secular centre-left parties, Ettakatol and President Moncef Marzouki's Congress for the Republic.  AFP PHOTO / FETHI BELAID                         Sufi leaders soretent the mausoleum of Sidi Bellahsen Chadly after having completed their weekly ritual on January 26, 2013 in Tunis. The Tunisian government has promised to day measures 'emergency' to protect Sufi shrines covered by dozens of attacks, an announcement Saturday called 'positive' by the Union but tradive Sufi Tunisia accuses Salafi factions of these rampages . AFP PHOTO / FETHI BELAID        (Photo credit should read FETHI BELAID/AFP/Getty Images)
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Tunisian Prime Minister Hamadi Jebali speaks during a press conference on the result of consultations with the political parties on a government reshuffle on January 26, 2013 in Tunis. Ruling Islamist party Ennahda, first said that a reshuffle was 'imminent' last July to enlarge the current coalition that also includes two secular centre-left parties, Ettakatol and President Moncef Marzouki's Congress for the Republic. AFP PHOTO / FETHI BELAID Sufi leaders soretent the mausoleum of Sidi Bellahsen Chadly after having completed their weekly ritual on January 26, 2013 in Tunis. The Tunisian government has promised to day measures 'emergency' to protect Sufi shrines covered by dozens of attacks, an announcement Saturday called 'positive' by the Union but tradive Sufi Tunisia accuses Salafi factions of these rampages . AFP PHOTO / FETHI BELAID (Photo credit should read FETHI BELAID/AFP/Getty Images)

TUNIS, Tunisie - Le premier ministre tunisien a annoncé sa démission mardi, après le rejet de sa proposition de former un gouvernement apolitique pour sortir le pays de la crise.

La démission d'Hamadi Jebali risque d'aggraver l'instabilité politique en Tunisie, qui a poussé une agence internationale de notation à rétrograder la cote de crédit du pays mardi.

Les Tunisiens ont renversé leur dictateur en janvier 2011, donnant le coup d'envoi du Printemps arabe dans la région. Un parti islamiste modéré, Ennahda, a remporté les premières élections post-révolutionnaires et depuis, il peine à gouverner le pays au sein d'une coalition qui comprend aussi deux partis laïques.

Après l'assassinat d'un opposant laïque de gauche le 6 février, qui a provoqué des manifestations et des émeutes à travers le pays, le premier ministre Hamadi Jebali a proposé de dissoudre le gouvernement de coalition et de le remplacer par un gouvernement de technocrates, une idée soutenue par l'opposition.

Mais le parti Ennahda, dont fait partie M. Jebali, a rejeté sa proposition et insiste pour que le pays continue d'être dirigé par un gouvernement composé de politiciens. Ce rejet laisse penser que les divisions affectent non seulement les différents partis politiques, mais également Ennahda.

M. Jebali a annoncé qu'il démissionnait après une rencontre avec le président Moncef Marzouki, estimant que sa décision était la meilleure chose à faire pour le pays.

«J'ai promis que si mon initiative ne fonctionnait pas, je démissionnerais de la tête du gouvernement, et c'est ce que je fais après ma rencontre avec le président», a-t-il déclaré au palais présidentiel. «Aujourd'hui, il y a une grande déception parmi la population et nous devons regagner sa confiance, et ma démission est une première étape.»

La démission du premier ministre survient le jour où l'agence de notation Standard & Poor's a rétrogradé la cote de crédit du gouvernement tunisien à cause de l'instabilité politique, un revers pour le pays, qui peine à relancer son économie.

Le chef d'Ennahda, Rachid Ghannouchi, avait présenté lundi sa propre initiative, qui prévoit de former un gouvernement mixte composé de politiciens et de technocrates. Il avait alors déclaré qu'il y avait un consensus parmi les partis sur le fait que M. Jebali devait rester à la tête du gouvernement.

Hamadi Jebali n'a pas exclu la possibilité de diriger un nouveau gouvernement si le président le lui demandait, mais a déclaré que le nouveau cabinet devait être libéré des tractations partisanes, inclure toutes les forces politiques et se consacrer principalement à l'organisation de nouvelles élections.

L'économie tunisienne, qui dépend largement des exportations vers l'Europe et du tourisme, a été affectée par les violences dans le pays et la crise financière qui touche plusieurs de ses partenaires commerciaux européens.

Le taux de chômage frôle les 18 pour cent et la population est affligée par un taux d'inflation de 10 pour cent qui a considérablement fait augmenter les prix.

L'économie tunisienne s'est contractée de 1,8 pour cent en 2011 et a connu une faible croissance de 2,4 pour cent 2012. L'agence Standard & Poor's estime que l'instabilité actuelle ne permettra pas à la croissance de reprendre en 2013 non plus.

L'agence a abaissé la cote de la Tunisie de BB à BB-, affirmant que la reprise et la confiance des investisseurs avaient été affectées par l'instabilité répandue alors que les partis se disputent sur la forme du gouvernement.

Il s'agit de la troisième baisse de la cote de crédit de la Tunisie depuis la révolution, une décision qui rend les emprunts plus difficiles sur les marchés internationaux et qui diminue la confiance des investisseurs étrangers envers l'économie tunisienne.

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