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19/02/2013 04:06 EST | Actualisé 21/04/2013 05:12 EDT

La Cour suprême de Géorgie refuse un sursis à un retardé mental

La Cour suprême de Géorgie (sud-est des Etats-Unis) a refusé d'accorder un sursis, mardi, à un retardé mental sur le point d'être exécuté, a-t-on appris auprès de la défense du condamné à mort.

Warren Hill, un Noir américain de 52 ans dont 21 passés dans le couloir de la mort pour le meurtre d'un co-détenu, a été déclaré attardé mental par tous les experts.

A quelques heures de son exécution, prévue à 19H00 (00H00 GMT) à Jackson, en Géorgie, son sort ne repose plus que sur le bureau des grâces de l'Etat et sur la Cour suprême des Etats-Unis.

Dans sa décision, rendue trois heures et demie avant l'exécution, la Cour suprême de Géorgie a rejeté l'appel du condamné.

La veille au soir, c'est un tribunal local qui avait rejeté cette demande de sursis.

Pourtant, l'affaire a subi un "rebondissement extraordinaire", selon l'avocat Brian Kammer, quand trois médecins ayant plaidé pour la Géorgie se sont rangés du côté de tous les experts médicaux en concluant que Warren Hill était bien retardé mental. La défense espère que son handicap sera alors suffisamment établi au regard de la loi de Géorgie.

En 2002, la Cour suprême américaine a interdit l'exécution d'attardés mentaux car leur handicap "ferait courir le risque d'une exécution arbitraire". Mais elle a laissé chaque Etat fixer les conditions requises pour déterminer ce type de handicap.

Or la Géorgie est le seul Etat américain qui requiert que le retard mental soit prouvé "au-delà d'un doute raisonnable". Les autres, moins sévères, se contentent d'"éléments prépondérants" pour conclure qu'un condamné souffre de troubles mentaux et se voit épargner la peine capitale, conformément à la loi.

"Nous sommes profondément déçus", a dit Brian Kammer dans un communiqué, car Warren Hill est "une personne avec un retard mental que nous pensons correspondre aux critères de la Cour suprême des Etats-Unis sur la protection des attardés mentaux".

"La Cour suprême des Etats-Unis doit intervenir dans ce cas et empêcher qu'un homme retardé mental soit mis à mort ce soir", a ajouté l'avocat, dont le recours est en cours d'examen par la plus haute juridiction du pays.

Un appel a également été déposé devant le bureau des grâces de Géorgie, afin que la condamnation à mort soit commuée en réclusion criminelle à perpétuité.

chv/lor