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19/02/2013 01:10 EST | Actualisé 21/04/2013 05:12 EDT

Israël: l'ancienne ministre Tzipi Livni se joint à la coalition de Nétanyahou

JÉRUSALEM - Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a trouvé mardi un premier partenaire de coalition pour former son nouveau gouvernement, en acceptant de s'allier avec une ancienne rivale pour superviser les contacts avec les Palestiniens, dans ce qui pourrait être le signe d'une nouvelle approche de la paix du gouvernement israélien.

En vertu de cet accord, l'ancienne ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni deviendra ministre de la Justice dans le prochain gouvernement israélien. Elle sera aussi responsable des efforts de paix avec les Palestiniens.

Mme Livni, qui a dirigé la dernière ronde de négociations de paix il y a quatre ans, entretient une bonne relation avec le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, et elle est favorable à une approche plus modérée que celle de M. Nétanyahou.

Lors d'une conférence de presse mardi soir en compagnie de Tzipi Livni, Benyamin Nétanyahou a promis de faire des efforts sérieux pour conclure un accord de paix sous le nouveau gouvernement.

Il a déclaré que le partenariat avec Mme Livni, qui n'a pas ménagé ses critiques contre lui durant la campagne électorale, s'inscrivait dans son objectif de former un gouvernement «élargi et stable».

«Nous avons besoin d'un partenaire palestinien et j'espère que nous trouverons un partenaire palestinien qui prendra au sérieux les besoins de sécurité d'Israël et qui mettra un terme au conflit une fois pour toutes. Aujourd'hui, Israël tend la main vers la paix une nouvelle fois», a déclaré M. Nétanyahou.

Le premier ministre, qui a été très critiqué en Israël et à l'étranger pour l'impasse dans les négociations de paix durant son précédent mandat, a promis d'adopter une approche plus déterminée avec son nouveau gouvernement. Mais il n'a donné aucun détail sur les concessions qu'il pourrait être prêt à faire, et on ne sait pas très bien si l'arrivée de Tzipi Livni au sein du cabinet sera suffisante pour convaincre les Palestiniens de revenir à la table des négociations.

«Ce qui est important, ce sont les politiques qui seront adoptées et appliquées par le prochain gouvernement israélien», a déclaré Yasser Abed Rabbo, un haut conseiller du président palestinien. Il a affirmé que si M. Nétanyahou continuait de promouvoir ses politiques de colonisation dans les territoires occupés, «il serait mieux que Mme Livni se cherche une nouvelle mission».

En tant que ministre des Affaires étrangères, Tzipi Livni a été la négociatrice en chef des discussions avec les Palestiniens sous le premier ministre Ehoud Olmert. Même si les deux parties affirment avoir fait de grands progrès durant cette période, les pourparlers se sont effondrés à la fin de 2008 et sont restés bloqués depuis que M. Nétanyahou est arrivé à la tête du gouvernement, au début de 2009.

Les Palestiniens refusent de négocier avec le gouvernement Nétanyahou tant qu'il continuera de construire des colonies juives en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, des zones occupées par Israël depuis la guerre de 1967. Les Palestiniens revendiquent ces deux territoires, ainsi que la bande de Gaza, pour leur futur État.

Depuis les élections du 22 janvier, Benyamin Nétanyahou peine à former une coalition gouvernementale. Son bloc électoral, formé des partis Likoud et Israël Beitenou, a remporté 31 sièges sur les 120 de la Knesset, ce qui en fait la plus importante faction au Parlement, mais il lui faut au moins 61 sièges pour obtenir la majorité. Avec l'ajout des six sièges obtenus par le parti de Mme Livni, il contrôle désormais 37 sièges, encore bien loin de la majorité.

L'arrivée de Mme Livni dans la coalition pourrait inciter d'autres partenaires potentiels à se joindre au gouvernement.

Mais les deux plus grands partenaires potentiels, le parti centriste Yesh Atid et le parti pro-colons Maison juive, mènent des négociations difficiles avec M. Nétanyahou. Sans le soutien d'au moins un de ces partis, il lui sera pratiquement impossible d'obtenir une majorité.

Benyamin Nétanyahou a jusqu'à la mi-mars pour former un nouveau gouvernement.