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18/02/2013 05:50 EST | Actualisé 20/04/2013 05:12 EDT

Une statue à la mémoire de l'opposant tunisien assassiné vandalisée

La statue installée par des artistes à l'endroit où l'opposant anti-islamiste tunisien Chokri Belaïd a été assassiné le 6 février a été vandalisée dans la nuit de dimanche à lundi, a constaté un journaliste de l'AFP.

La statue, une oeuvre d'art contemporain en marbre, a été arrachée de son socle et brisée en trois morceaux. Les fleurs déposées autour ont été piétinées et les photos du défunt déchirées.

"C'est un acte criminel, ceux qui ont fait ça ne sont pas des humains, on a dépassé toutes les bornes", a déclaré Besma Khalfaoui, la veuve de l'opposant venue constater les dégâts.

"Le responsable est le ministre de l'Intérieur (Ali Larayedh) lui-même", a-t-elle martelé, entourée de dizaines de personnes la soutenant.

Mme Khalfaoui a souligné qu'elle avait demandé, sans l'obtenir, une protection policière pour sa famille et son domicile.

Chokri Belaïd, un opposant de gauche et anti-islamiste virulent, a été assassinée en bas de son domicile à Tunis de trois balles à bout portant. Ce meurtre sans précédent en Tunisie a déclenché une vague de violences et a plongé le pays dans sa plus grave crise politique depuis la révolution de 2011.

Sa tombe fait l'objet depuis son enterrement le 8 février d'une surveillance militaire de crainte qu'elle ne soit vandalisée.

Les proches du défunt accusent les islamistes d'Ennahda, qui dirigent le gouvernement, d'être responsables de ce crime, ce que le parti rejette. Aucune avancée dans l'enquête n'a par ailleurs été annoncée.

L'opposition a à plusieurs reprises ces derniers mois accusé la Ligue de protection de la révolution (LPR) d'être une milice pro-pouvoir et de mener des attaques contre les détracteurs du gouvernement pour les intimider.

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