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18/02/2013 04:54 EST | Actualisé 19/04/2013 05:12 EDT

Tunisie: Ennahda persiste dans son rejet d'un gouvernement de technocrates

Le parti islamiste Ennahda, au pouvoir en Tunisie, a réaffirmé lundi son rejet d'un gouvernement de technocrates proposé par le Premier ministre Hamadi Jebali, numéro deux du parti, comme moyen de sortir le pays de sa crise.

« Nous restons attachés à la formation d'un gouvernement politique et de coalition qui tire sa légitimité des élections du 23 octobre 2011 et qui serait ouvert à des compétences nationales engagées à réaliser les objectifs de la révolution », a affirmé le Conseil consultatif du parti Ennahda dans un communiqué.

« Le Conseil estime que l'initiative d'un gouvernement de technocrates ne répond pas aux besoins de la période actuelle », insiste le communiqué.

Le Premier ministre doit reprendre lundi ses consultations avec les partis politiques sur sa proposition.

Hamadi Jebali s'est heurté au rejet de son parti de l'idée d'un gouvernement apolitique, dès qu'il a lancé sa proposition, le jour de l'assassinat de l'opposant de gauche Chokri Belaïd, le 6 février.

M. Jebali a menacé de démissionner si son idée était rejetée par les autres partis de la coalition. Sa proposition a été bien accueillie par l'opposition laïque et l'opinion publique.

Dans le même temps, plusieurs députés du parti du président Moncef Marzouki, le Congrès pour la République (CPR), allié aux islamistes d'Ennahda, ont annoncé qu'ils quittaient le parti.

Selon plusieurs médias tunisiens, le chef du parti Mohamed Abbou s'apprêtait aussi à officialiser sa démission pour former un nouveau parti avec les dissidents du CPR.

Le Congrès pour la République s'était imposé comme la deuxième force du pays, derrière les islamistes d'Ennahda, en obtenant 29 des 217 sièges de l'Assemblée nationale constituante lors des élections d'octobre 2011.

Il a ensuite formé une coalition tripartite avec les islamistes d'Ennahda et Ettakatol, un autre parti laïc de centre-gauche.