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18/02/2013 04:36 EST | Actualisé 19/04/2013 05:12 EDT

Russie: nouvelle audience préliminaire dans le procès post-mortem Magnitski

Un tribunal russe a fixé lundi au 4 mars, en présence d'avocats commis d'office, une nouvelle audience dans le procès pour fraude fiscale du juriste russe Sergueï Magnitski, aboutissement de poursuites maintenues malgré sa mort en prison en 2009 et en dépit des critiques.

"L'audience préliminaire a été repoussée au 4 mars à la demande de la défense", a déclaré à l'AFP Alexandra Berezina, porte-parole du tribunal Tverskoï de Moscou, où a eu lieu lundi une troisième audience préliminaire, réalisée à huis clos, dans le cadre de ce procès.

Elle n'a pas été en mesure donner les noms des avocats commis d'office pour défendre Magnitski.

Ceux-ci ont été désignés alors que les avocats de la famille avaient refusé de se rendre aux deux précédentes audiences préliminaires, jugeant que leur participation à ce procès serait "illégale".

Tout avocat commis d'office "ne réalise peut-être pas l'illégalité des poursuites posthumes contre mon fils", a déclaré la mère de Magnitski, Natalia, dans un communiqué diffusé par le fonds Hermitage Capital, qui employait le juriste.

"La présence d'avocats permettra au tribunal de dire qu'il n'y a pas eu de violations des droits de la défense, ainsi à travers sa présence, l'avocat servira de complice malgré lui de ce crime", a-t-elle ajouté.

Sergueï Magnitski, un avocat fiscaliste qui conseillait le fonds d'investissement occidental Hermitage Capital, est mort dans une prison de Moscou en novembre 2009 après 11 mois de détention provisoire.

Le juriste avait été arrêté en 2008 pour fraude fiscale après avoir dénoncé une vaste machination financière de 5,4 milliards de roubles (130 millions d'euros) ourdie, selon lui, par des responsables de la police et du fisc au détriment de son employeur ainsi que de l'Etat russe.

Magnitski avait été inculpé de fraude fiscale par les responsables même qu'il dénonçait, selon Hermitage, et fait encore l'objet de poursuites judiciaires post-mortem. William Browder, le PDG d'Hermitage Capital, est inculpé dans le même dossier.

Cette affaire a provoqué un conflit diplomatique dans les relations entre Moscou et Washington.

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