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18/02/2013 03:11 EST | Actualisé 19/04/2013 05:12 EDT

Les députés iraniens présentent leurs excuses à l'ayatollah Khamenei

Les députés iraniens ont présenté des "excuses" publiques au guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, qui avait durement critiqué samedi le violent débat lors du limogeage le ministre du Travail.

"Nous, les députés du Parlement (...), présentons nos excuses pour ce qui s'est passé lors de la séance de la motion de censure (contre le ministre) et considérons que la soumission aux déclarations du guide suprême est un devoir légal et religieux", annonce un texte signé par 265 des 290 députés.

Le 3 février, à l'issue d'un débat houleux, les députés avaient voté le limogeage du ministre du travail dans le cadre d'un énième bras de fer entre le gouvernement et le Parlement, cette fois-ci à propos de l'ex-procureur Saïd Mortazavi proche du président Mahmoud Ahmadinejad.

Le débat avait été marqué par une violente polémique entre M. Ahmadinejad et le président du Parlement, Ali Larijani: le premier avait diffusé un enregistrement laissant entendre que le second et son frère Sadegh Larijani, chef de l'autorité judiciaire, avaient proposé leur soutien à M. Mortazavi en échange de pots-de vins.

Ali Larijani, dont le clan domine la faction religieuse ultra-conservatrice au pouvoir, a répliqué en accusant M. Ahmadinejad d'empêcher la justice d'agir contre "ses proches ayant un dossier judiciaire" et de "répandre l'immoralité dans la société".

Après cet esclandre public d'une gravité sans précédent, l'ayatollah Khamenei a dénoncé le comportement du président Ahmadinejad, du président du Parlement mais aussi des députés, qu'il a jugé inacceptable alors que l'Iran fait face à "un ennemi commun" et à "des complots de toute part".

Il faisait allusion aux sanctions économiques et aux pressions exercées par une large partie de la communauté internationale pour obliger l'Iran à renoncer à son programme nucléaire controversé.

Après ces critiques, Ali Larijani, Sadegh Larijani et M. Ahmadinejad ont exprimé, séparément, leur "soumission" au guide suprême, arbitre de fait des institutions et de la vie politique iranienne.

bur-lma/fc