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18/02/2013 06:58 EST | Actualisé 20/04/2013 05:12 EDT

Les Arméniens élisent leur président, Sarkissian grand favori

Les Arméniens élisaient lundi leur président, dans un scrutin sous haute tension où le chef de l'Etat Serge Sarkissian est favori mais qui fait figure de test pour la démocratie dans cette ex-république soviétique du Caucase après les sanglants heurts de la présidentielle de 2008.

Le scrutin dont le principal adversaire du président sortant, l'ex-ministre des Affaires étrangères Raffi Hovannissian, a d'ores et déjà dénoncé des "irrégularités", intervient après une campagne assombrie par une attaque contre un candidat au scrutin, Parouïr Haïrikian, blessé par balles à l'épaule le 31 janvier et une grève de la faim d'un autre candidat.

L'élection sera surveillée jusqu'à sa clôture à 16H00 GMT par plus de 600 observateurs internationaux. Le taux de participation avait atteint 10,92% à 08H00 GMT.

Le chef de l'Etat Serge Sarkissian, 59 ans, qui se présente pour un deuxième mandat face à six concurrents, est donné grand favori, avec 68% des intentions de vote selon un sondage de l'institut Gallup, contre 24% pour son principal rival, M. Hovannissian, 54 ans.

Trois principales forces d'opposition qui disposent de 48 sur 131 sièges au Parlement ont refusé de participer à cette élection.

M. Hovannissian a dénoncé dès la matinée des "irrégularités", évoquant notamment l'usage de "pots-de-vin" pour acheter des voix et des "votes multiples".

La police arménienne a rejeté ces accusations en les qualifiant d"inventions évidentes".

"J'ai voté pour l'avenir de l'Arménie, pour le bien-être de nos citoyens et de nos familles", a pour sa part déclaré M. Sarkissian, après avoir voté à Erevan.

Les autorités espèrent que le vote se déroulera sans heurts, afin de pouvoir améliorer les perspectives d'intégration européenne de ce petit pays enclavé du Caucase du Sud, peuplé de 3 millions d'habitants, et qui ne dispose pas de ressources en hydrocarbures comme ses voisins.

En 2008, sa victoire à la présidentielle, contestée par l'opposition, avait déclenché des manifestations qui avaient dégénéré en affrontements après l'intervention de la police, faisant 10 morts.

En 2012, les législatives remportées par le parti de M. Sarkissian avaient aussi été critiquées pour des manquements à la démocratie par l'OSCE.

Vazguen Akobian, un charpentier de 53 ans a voté pour le président sortant. "Il a des nerfs d'acier et en tant que chef de l'armée il peut prendre de bonnes décisions", estime-t-il.

Siranouch Mnatsmkanian, 67 ans, estime en revanche que le pays a besoin d'un dirigeant d'un "nouveau type" comme M. Hovannissian: "Il est né et grandi aux Etats-Unis, il a une mentalité occidentale, il a promis de combattre la corruption".

La campagne électorale a été tendue. Le candidat Parouïr Haïrikian, ancien dissident soviétique de 63 ans, visé par des coups de feu en plein centre d'Erevan, a demandé le report de la présidentielle, avant de retirer sa demande au dernier moment.

Un autre candidat, Andrias Goukassian, directeur d'une radio privée Radio hay, observe pour sa part depuis près d'un mois une grève de la faim, réclamant que le président sortant retire sa candidature pour rendre le scrutin "démocratique".

Les problèmes économiques de ce pays, qui est confronté à un important chômage et à la corruption, ont été au centre des débats électoraux.

Selon la Banque mondiale, 36% des Arméniens vivent en-dessous du seuil de pauvreté. Lors des deux dernières décennies, environ un million d'Arméniens ont quitté le pays pour fuir le chômage et trouver un meilleur avenir à l'étranger.

D'autant plus que le pays souffre de la fermeture de ses frontières avec l'Azerbaïdjan et la Turquie.

Bakou et Erevan se disputent le contrôle du Nagorny-Karabakh, une région sécessionniste azerbaïdjanaise contrôlée de facto par les Arméniens après une guerre qui a fait 30.000 morts entre 1988 et 1994.

Des échanges de tirs font régulièrement des morts, laissant craindre une reprise des affrontements.

Par ailleurs, la Turquie et l'Arménie sont divisées sur la question du génocide arménien sous l'empire ottoman (1915-1917).

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