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18/02/2013 03:53 EST | Actualisé 19/04/2013 05:12 EDT

Les Arméniens aux urnes pour élire leur président, Sarkissian grand favori

Les Arméniens se rendaient aux urnes lundi pour élire leur président, dans un scrutin où le chef de l'Etat Serge Sarkissian est favori mais faisant figure de test pour la démocratie dans cette ex-république soviétique après les sanglants heurts de la présidentielle de 2008.

Environ 2,5 millions d'électeurs sont appelés à se prononcer lors de ce vote qui sera surveillé jusqu'à sa clôture à 16H00 GMT par plus de 600 observateurs internationaux.

Le chef de l'Etat Serge Sarkissian, 59 ans, qui se présente pour un deuxième mandat face à six concurrents, est donné grand favori, avec 68% des intentions de vote selon un sondage de l'institut Gallup, contre 24% pour son principal rival, l'ex-ministre des Affaires étrangères Raffi Hovannissian, 54 ans.

Trois principales forces d'opposition qui disposent de 48 sur 131 sièges au parlement -- le parti Arménie Prospère, dirigé par Gaguik Tsaroukian, le mouvement Congrès national arménien de l'ancien président Levon Ter-Petrossian et la Fédération révolutionnaire arménienne Dachnaktsoutun (nationaliste) -- ont refusé de participer à cette élection.

"J'ai voté pour le futur de l'Arménie, pour le bien-être de nos citoyens et de nos familles", a déclaré M. Sarkissian, après avoir voté à Erevan.

Il avait auparavant promis des élections "libres". Les autorités espèrent en effet que le vote se déroulera sans heurts, afin de pouvoir améliorer les perspectives d'intégration européenne de ce petit pays enclavé du Caucase du Sud, peuplé de 3 millions d'habitants, et qui ne dispose pas de ressources en hydrocarbures comme ses voisins.

En 2008, sa victoire à la présidentielle, contestée par l'opposition, avait déclenché des manifestations qui avaient dégénéré en affrontements après l'intervention de la police, faisant 10 morts.

En 2012, les législatives remportées par le Parti républicain de M. Sarkissian avaient aussi été critiquées pour des manquements à la démocratie par l'Organisation pour la coopération et la sécurité en Europe (OSCE).

La fin de la campagne électorale pour la présidentielle a été assombrie par une attaque contre un candidat au scrutin, Parouïr Haïrikian, blessé par balles à l'épaule le 31 janvier.

Cet ancien dissident soviétique de 63 ans, visé par des coups de feu en plein centre de la capitale Erevan, a demandé le report de la présidentielle, avant de retirer sa demande au dernier moment.

Cette attaque "ne va pas affecter la légitimité des résultats de la présidentielle, mais nous ne pourrons plus dire que l'organisation du scrutin était irréprochable", a estimé Guevorg Pogossian, président de l'Association des sociologues arméniens, interrogé par l'AFP.

La campagne électorale a été dominée par les problèmes économiques de ce pays qui est confronté à un important chômage et à la corruption.

Selon la Banque mondiale, 36% des Arméniens vivent en-dessous du seuil de pauvreté. Lors des deux dernières décennies, environ un million d'Arméniens ont quitté le pays pour fuir le chômage et trouver un meilleur avenir à l'étranger.

D'autant plus que le pays souffre de la fermeture de ses frontières avec l'Azerbaïdjan et la Turquie en raison d'un conflit territorial.

Bakou et Erevan se disputent le contrôle du Nagorny-Karabakh, une région sécessionniste azerbaïdjanaise peuplée majoritairement d'Arméniens.

Cette région a proclamé son indépendance, non reconnue par la communauté internationale, après une guerre qui a fait 30.000 morts et des centaines de milliers de réfugiés entre 1988 et 1994.

Des échanges de tirs font régulièrement des morts, laissant craindre une reprise des affrontements.

Par ailleurs, la Turquie, alliée de l'Azerbaïdjan, pays turcophone, et l'Arménie sont divisées sur la question du génocide arménien sous l'empire ottoman (1915-1917).

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