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18/02/2013 05:38 EST | Actualisé 20/04/2013 05:12 EDT

Le procès pour blasphème du pianiste turc Fazil Say repoussé au 15 avril

Le procès du célèbre pianiste turc Fazil Say, accusé d'insulte aux valeurs religieuses des musulmans pour des propos diffusés sur son compte Twitter, a été repoussé lundi par un tribunal d'Istanbul au 15 avril, a constaté un journaliste de l'AFP.

Le juge a accédé à une demande de report de la partie civile, qui souhaitait présenter une expertise scientifique sur l'accès du public aux tweets du pianiste. Il a en revanche rejeté une autre de ses demandes d'expertise sur l'état mental de l'accusé et son éventuel autisme, une requête jugée "insultante" par l'avocate de Fazil Say, Me Meltem Akyol.

Fazil Say, qui n'a pas assisté à cette deuxième audience de son procès, encourt un an et demi de prison pour "insulte aux valeurs religieuses d'une partie de la population", après avoir publié sur Twitter des tirades provocatrices sur les musulmans et l'islam, religion très majoritaire en Turquie.

Il lui est reproché d'avoir envoyé des messages tels que "je ne sais pas si vous vous en êtes aperçus, mais s'il y a un pou, un médiocre, un magasinier, un voleur, un bouffon, c'est toujours un islamiste".

La justice a été saisie par trois particuliers s'estimant insultés par ses propos.

Lors de la première audience, en octobre, le virtuose, âgé de 42 ans, avait clamé son innocence, assurant dans une déposition écrite qu'aucun de ses messages "n'avait pour objectif d'insulter, d'humilier" et qu'il n'avait "pas mis en danger l'ordre public", un élément constitutif du délit qui lui est reproché.

Dans les médias, il avait ensuite accusé le gouvernement islamo-conservateur du Parti de la justice et du développement (AKP) d'être responsable des poursuites lancées contre lui.

"C'est politique, tout ça. Derrière, il y a des gens de l'AKP", a-t-il affirmé en décembre sur la chaîne CNN-Türk. "Ils veulent me faire croire en Dieu en me faisant passer un an et demi en prison", a dénoncé l'artiste, qui avait prévenu quelque mois plus tôt qu'il s'exilerait en cas de condamnation.

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