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18/02/2013 08:56 EST | Actualisé 20/04/2013 05:12 EDT

Le père français divorcé descend de sa grue après y avoir passé quatre jours

PARIS - Un père français divorcé qui réclame le droit de voir son fils est descendu lundi de la grue où il était perché depuis quatre jours, mais a déclaré qu'il faudrait encore beaucoup de temps avant que les pères divorcés soient considérés comme des parents crédibles et qu'ils aient les mêmes droits que les mères en France.

Serge Charnay a mis fin à sa longue manifestation sur la grue à Nantes après que la ministre de la Justice, Christiane Taubira, eut rencontré des représentants de l'association SOS Papa, qui milite en faveur des droits des pères divorcés.

«C'est un début (...) mais il y a encore du travail à faire», a-t-il déclaré devant les caméras de télévision après être redescendu au sol. «Ces femmes pensent encore que nous ne pouvons pas changer la couche d'un enfant et prendre soin de lui. Ça doit changer.»

Un autre père ayant des revendications similaires a brièvement occupé une grue de Strasbourg le week-end dernier, avant que la police ne le persuade de descendre.

M. Charnay veut que la France renforce ses lois sur la garde partagée. Il a été reconnu coupable d'avoir emmené son fils dans un voyage non autorisé pendant deux mois en 2011, mais affirme qu'il ne regrette pas son geste, car autrement, il n'aurait pas pu passer du temps avec son enfant, dit-il.

Il a déclaré qu'il ne s'attendait pas à voir son fils pour son prochain anniversaire, mais a insisté sur le fait que sa manifestation n'était «absolument pas» destinée à améliorer sa propre situation.

«Je suis monté là pour la cause des pères», a-t-il dit.

Le président de SOS Papa, Fabrice Mejias, a déclaré que la rencontre avec la ministre de la Justice ne semblait pas avoir fait avancer la cause des pères.

Mais la ministre de la Famille, Dominique Bertinotti, qui a également participé à la rencontre, a affirmé par la suite que la France devait promouvoir la médiation entre parents séparés plutôt que d'envoyer systématiquement les cas de divorce devant un juge.

Elle a rejeté l'allégation de M. Charnay selon laquelle les pères sont considérés comme des parents non crédibles.

«Je ne pense que ce soit avec une pseudo guerre des sexes que les choses vont progresser», a-t-elle déclaré sur BFM TV.