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18/02/2013 07:44 EST | Actualisé 20/04/2013 05:12 EDT

Le candidat de la droite Anastasiades favori pour le 2e tour à Chypre

Le candidat de droite Nicos Anastasiades apparaît comme le favori pour le second tour de l'élection présidentielle à Chypre, où le prochain président aura la lourde tâche de négocier un plan de sauvetage pour l'île frappée par une profonde crise économique et financière.

M. Anastasiades a recueilli 45,4% des voix lors du premier tour dimanche, et sera opposé le 24 février à Stavros Malas, un candidat indépendant soutenu par le parti communiste Akel du président sortant Demetris Christofias, qui a obtenu 26,9% des voix.

Arrivé en troisième position avec 24,9%, Giorgos Lillikas, soutenu par le parti socialiste Edek et seul des principaux candidats à rejeter l'austérité liée à un plan de sauvetage international, fait figure d'arbitre du scrutin, même si la presse et plusieurs experts estiment que les jeux sont faits.

"Il n'y a aucun doute sur qui va gagner, ce sera une nette victoire pour Anastasiades", assure le politologue Alexandros Lordos.

Considéré comme un homme à poigne, M. Anastasiades s'est présenté pendant la campagne comme le plus à même d'obtenir le prêt international jugé crucial pour la survie de l'île plongée dans la crise.

Alors que la reprise n'est pas attendue avant 2015 et que le chômage ne cesse de croître, les discussions durent déjà depuis juin sur ce plan de sauvetage évalué à 17 milliards d'euros -l'équivalent de son PIB annuel-, dont 10 milliards pour renflouer les banques plombées par leur exposition à la dette grecque.

Malgré ses efforts pour se distancer du président sortant, qu'une majorité de Chypriotes considèrent comme responsable du fait que le pays soit passé de la prospérité à la quasi-faillite pendant son mandat, M. Malas n'a pas de réserves de voix, assure M. Lordos.

"Au mieux, il peut grimper jusqu'à 40%", estime le politologue, expliquant que les électeurs de M. Lillikas préfèreront rester chez eux ou voter pour M. Anastasiades.

"Anastasiades favori mais Edek et Lillikas en arbitres", annonce aussi le quotidien de droite Simerini lundi matin, ajoutant que M. Anastasiades va désormais surtout s'employer à convaincre ceux des électeurs de Diko (centre-droit) n'ayant pas suivi les consignes de vote du troisième parti du pays qui a soutenu sa candidature.

Le journal à gros tirage Phileleftheros confirme que M. Anastasiades reste favori, mais estime que le vote a montré que les Chypriotes n'étaient pas certains qu'il soit le mieux placé pour les faire sortir du marasme.

Pour le quotidien indépendant Politis, ni M. Anastasiades ni M. Malas ne semblent prêts à risquer de décourager leur propre électorat en faisant monter les enchères pour attirer les électeurs de M. Lillikas, qui a lui-même refusé de se prononcer dimanche soir.

Mais M. Malas, partisan d'une politique d'austérité moins radicale que celle que M. Anastasiades semble prêt à mettre en place, a insisté dimanche sur le fait qu'il avait "historiquement beaucoup de choses en commun" avec les partisans de M. Lillikas.

Le propos peut rappeler en particulier le fait que M. Anastasiades ait été le seul des candidats à soutenir en 2004 un plan de réunification de l'île divisée depuis l'invasion turque en 1974, proposé par l'ONU et accepté par les Chypriotes-turcs mais rejeté par une grande majorité de Chypriotes-grecs.

Ce pragmatisme lui a valu de vives critiques, et il prône désormais un consensus politique sur ce dossier, sans pour autant présenter de stratégie claire.

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