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18/02/2013 01:15 EST | Actualisé 20/04/2013 05:12 EDT

La Libye détient quatre militants chrétiens étrangers accusés d'espionnage

BENGHAZI, Libye - Quatre étrangers soupçonnés de prosélytisme en Libye ont été arrêtés et accusés d'espionnage, a annoncé lundi un responsable de la sécurité.

Selon les autorités libyennes, les quatre étrangers sont un Américano-Suédois, un Sud-Coréen, un Sud-Africain et un Égyptien.

Le chef de police responsable de l'arrestation, Abdel-Salam el-Barghathi, a déclaré à l'Associated Press que des responsables consulaires avaient été autorisés à rencontrer les quatre étrangers, mais que ceux-ci avaient refusé de les voir, soulevant la suspicion des autorités.

Une journaliste de l'Associated Press a pu voir le détenu égyptien, Sherif Ramsis, entouré de gardes de sécurité libyens. Il a affirmé qu'il se trouvait en Libye dans le cadre d'une mission pour y diffuser le message du christianisme, mais qu'il n'était pas au courant des allégations d'espionnage portées contre son groupe.

M. Ramsis a précisé qu'il possédait une imprimerie en Égypte et qu'il se rendait souvent en visite en Libye. Il a admis qu'il voulait répandre le christianisme dans ce pays.

D'après les autorités, les quatre membres du groupe ont été arrêtés la semaine dernière à Benghazi, dans l'est du pays, avec en leur possession des dizaines de milliers de livres, de dépliants et d'autocollants chrétiens principalement destinés aux enfants.

M. Ramsis a déclaré qu'il n'avait pas demandé l'assistance de l'ambassade d'Égypte parce qu'il pense que les autorités de son pays ne lui viendront pas en aide.

«Tout est entre les mains de Dieu», a-t-il déclaré, tout en admettant qu'il participait à une mission de prosélytisme en Libye.

La Libye ne compte que quelques églises. Faire la promotion du christianisme était interdit sous le régime de Mouammar Kadhafi, qui a dirigé ce pays majoritairement musulman d'une main de fer pendant plus de 40 ans avant d'être tué dans la guerre civile de 2011.

Depuis le soulèvement, les militants islamistes ont pris une place grandissante dans la société libyenne en l'absence de forces de sécurité capables d'assumer l'ordre et la sécurité.

L'automne dernier, le Comité international de la Croix-Rouge avait temporairement suspendu ses activités à Benghazi après que ses bureaux eurent été attaqués et son personnel accusé de faire la promotion du christianisme.