NOUVELLES
18/02/2013 06:44 EST | Actualisé 20/04/2013 05:12 EDT

La blogueuse dissidente cubaine Yoani Sanchez entame une tournée internationale

FEIRA DE SANTANA, Brésil - L'une des dissidentes cubaines les plus connues à l'étranger est arrivée lundi au Brésil, la première escale d'une tournée de trois mois qui la conduira dans plusieurs pays d'Amérique du Sud, aux États-Unis et en Europe.

La blogueuse Yoani Sanchez a entamé son premier voyage à l'étranger en près d'une décennie, après s'être fait refuser le permis de sortie cubain à vingt reprises au fil des ans.

Elle était rayonnante à son arrivée lundi dans l'État de Bahia, dans le nord-est du Brésil, savourant sa célébrité acquise grâce à son blogue influent et ses chroniques dans le journal espagnol «El Pais» et le journal brésilien «Estado de S. Paulo».

Yoani Sanchez était entourée de partisans et de journalistes en sortant de l'aéroport de Salvador, mais à un certain moment, des manifestants, dont certains étaient enveloppés dans le drapeau cubain, lui ont lancé des photocopies de billets de banque américains. L'un des manifestants s'est approché assez près pour lui tirer les cheveux.

Quelques manifestants pro-cubains tenaient des pancartes disant «Yoani Sanchez est financée par la CIA» et «À bas l'embargo américain contre Cuba, Yoani Sanchez est persona non grata à Bahia».

Les autorités cubaines considèrent les dissidents comme des traîtres et des «mercenaires» qui reçoivent de l'argent de pays étrangers pour miner le gouvernement communiste.

«Ce sont des choses qu'on ne voit pas dans mon pays», a déclaré la dissidente au sujet des manifestants. Elle a estimé que la manifestation était une démonstration «de démocratie et de pluralisme».

«J'aimerais qu'on puisse avoir une liberté comme celle-ci dans mon pays», a-t-elle ajouté.

Son voyage au Brésil a été financé grâce à des contributions sur Internet, dans le cadre d'une campagne lancée par le réalisateur d'un documentaire dans lequel elle apparaît. La municipalité de Freira de Santana, où le documentaire a été projeté lundi, assume le coût de son hébergement.

La capacité de Yoani Sanchez à quitter son île natale est considérée comme un test d'une nouvelle loi cubaine annoncée en octobre, qui élimine le permis de sortie pour quitter Cuba. Les autorités cubaines peuvent encore empêcher une personne de voyager pour des motifs de défense et de «sécurité nationale», entre autres, et certains dissidents continuent de faire l'objet de restrictions.

Néanmoins, l'abandon du permis de sortie est considéré comme l'une des réformes les plus significatives du président Raul Castro, qui tente de remanier certains aspects de l'économie, du gouvernement et de la société.

Après être arrivée à Salvador, Yoani Sanchez s'est rendue à Freira de Santana pour participer à la projection du documentaire sur la liberté de presse à Cuba.

Sa tournée comprend également plusieurs arrêts aux États-Unis, notamment dans des établissements d'enseignement de New York et d'autres villes, ainsi que des visites dans les bureaux de Twitter et de Google. Elle doit aussi rendre visite à des membres de sa famille en Floride.

La dissidente se rendra également au Mexique, au Pérou, en République tchèque, en Allemagne, en Italie, aux Pays-Bas, en Espagne, en Suède et en Suisse. Des visites en Argentine et au Chili pourraient également avoir lieu.