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18/02/2013 02:42 EST | Actualisé 19/04/2013 05:12 EDT

Japon: le PM menace de revoir le statut de la BoJ si l'inflation ne décolle pas

Le Premier ministre japonais Shinzo Abe a de nouveau mis la Banque du Japon sous pression lundi en évoquant une possible réforme de son statut si elle ne parvenait pas à élever l'inflation du pays à 2%.

Interrogé au Sénat lundi sur l'objectif de 2% que s'est fixé la Banque du Japon (BoJ) en janvier - déjà sur insistance du gouvernement -, M. Abe a répondu qu'il s'agissait désormais "de la responsabilité de la BoJ" d'y arriver.

"Si nous n'y parvenons pas, nous pourrions avoir à revoir la loi fixant le statut de la BoJ", a-t-il averti.

Au pouvoir depuis fin décembre grâce à la victoire de son Parti Libéral-Démocrate (PLD, droite) aux législatives, M. Abe a multiplié les mises en garde à la BoJ avant et après son triomphe électoral, jugeant qu'elle n'avait pas fait assez pour vaincre la déflation.

Il a notamment menacé la banque centrale de revoir la loi régissant son indépendance, si elle ne faisait pas davantage pour mettre un terme à cette baisse des prix qui entrave régulièrement l'économie japonaise depuis une quinzaine d'années.

M. Abe semblait néanmoins avoir mis en sourdine cette menace depuis que la BoJ avait obtempéré et relevé, le 22 janvier, de 1% à 2% son objectif d'inflation annuel.

Le gouvernement cherche actuellement un successeur au gouverneur sortant de la BoJ, Masaaki Shirakawa, qui va quitter ses fonctions le 19 mars. Le candidat choisi par le Premier ministre devra ensuite être confirmé séparément par la Chambre des députés, où le PLD est majoritaire, mais aussi par le Sénat, où aucun parti ne domine franchement - ce qui pourrait compliquer l'équation.

La mise au pas de la BoJ a récemment valu quelques critiques étrangères au gouvernement Abe, parfois accusé d'avoir exigé de l'institut d'émission une politique monétaire ultra-accommodante pour faire baisser le yen.

Tokyo n'a toutefois pas essuyé de critique frontale lors de la réunion des grands argentiers des pays riches et émergents du G20 vendredi et samedi à Moscou.

"Nous nous abstiendrons de procéder à des dévaluations compétitives. Nous ne fixerons pas de taux de change à des fins de compétitivité", a simplement énoncé le communiqué final du club.

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