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18/02/2013 03:53 EST | Actualisé 19/04/2013 05:12 EDT

Israël : révélations médiatiques et enquête sur la mort de Ben Zygier

La mort du présumé agent du Mossad Ben Zygier dans sa cellule en 2010 continue de faire des vagues en Israël.

La chaîne de télévision australienne ABC, qui a révélé l'affaire, a rapporté lundi, citant des sources des services de renseignements australiens, que Ben Zygier a été arrêté pour avoir délivré des informations au service de renseignement australien.

Toujours selon ABC, Ben Zygier aurait fait un compte-rendu aux services australiens sur des opérations du Mossad.

Selon ABC, Zygier avait livré à des responsables de l'Australian Security Intelligence Organisation (ASIO) des informations portant entre autres sur une mission secrète du Mossad en Italie, en préparation depuis plusieurs années.

Au cours de l'un des quatre voyages en Australie qu'il a faits au cours des années qui ont précédé sa mort, Zygier aurait fait une demande pour un visa de travail en Italie, rapporte la chaîne australienne.

Selon les mêmes sources citées par, Zygier aurait créé pour le compte du Mossad une firme de communications basée en Europe, dans laquelle étaient employés les deux autres Israélo-Australiens, et qui exportait des composants électroniques vers des pays arabes et l'Iran.

Enquête parlementaire

La commission des Affaires étrangères et de la Défense du Parlement israélien « a décidé de lancer une enquête exhaustive sur tous les aspects de l'affaire du prisonnier retrouvé mort dans sa cellule en décembre 2010 », a indiqué un porte-parole de la commission, dans un bref communiqué publié dimanche soir.

Mercredi, Israël a été forcé de reconnaître avoir emprisonné un Australien sous une fausse identité « pour des raisons sécuritaires », à la suite d'informations parues dans les médias australiens sur la mort du « prisonnier X », identifié comme Ben Zygier, un avocat juif australien de 34 ans recruté par le Mossad, le service de renseignement extérieur israélien.

Le gouvernement israélien a tenté d'imposer une censure totale sur l'affaire, mais le ministère de la Justice a dû partiellement faire marche arrière après que cette affaire fût évoquée par trois députés au Parlement.

Raison d'État

Le premier ministre Benyamin Nétanyahou a estimé dimanche qu'une « surexposition » médiatique des services de renseignements pouvait « porter gravement atteinte » à la sécurité de l'État.

« Dans la situation où vit l'État d'Israël, la sécurité doit primer », a déclaré M. Nétanyahou. « Je demande à tout le monde de laisser les forces de sécurité travailler tranquillement afin que nous puissions continuer à vivre dans la paix et le calme », a plaidé le premier ministre.