NOUVELLES
18/02/2013 08:55 EST | Actualisé 20/04/2013 05:12 EDT

Cisjordanie : plusieurs manifestations en solidarité avec des prisonniers en grève de la faim

Le cas des détenus palestiniens dans les prisons israéliennes, dont quatre sont en grève de la faim, a suscité un élan de solidarité en Cisjordanie, où des milliers de Palestiniens ont manifesté lundi.

Les prisonniers de plusieurs mouvements palestiniens, dont le Hamas et le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP, gauche nationaliste), doivent observer un jeûne de 24 heures mardi dans certaines prisons, en solidarité avec les grévistes de la faim.

Quatre prisonniers palestiniens, Samer Issaoui, Jaafar Ezzeddine, Aymane Charawneh et Tariq Qaadane, observent depuis plusieurs mois une grève de la faim par intermittence pour exiger leur libération par la justice israélienne.

Le négociateur palestinien Saëb Erakat a demandé l'Union européenne de « prendre des mesures concrètes pour mettre fin à l'impunité d'Israël », relevant que « malgré les graves violations israéliennes, les relations UE-Israël ont continué à se développer ».

La justice israélienne a indiqué qu'un tribunal israélien de Jérusalem doit examiner le cas de Samer Issaoui mardi après-midi.

Le 13 février dernier, le rapporteur spécial de l'ONU Robert Falk a demandé la libération immédiate de Jaafar Ezzeddine et Tariq Qaadane, détenus sans qu'aucune accusation ne soit portée contre eux. Ils sont à leur 83e jour de grève. Samer Issaoui est à son 200e jour de grève en alternance.

De son côté, la haute-commissaire aux droits de l'homme de l'ONU, Navi Pillay, s'est dite inquiète de la détérioration rapide de la santé des détenus.

Les quatre prisonniers ont entamé leur grève de la faim pour protester contre leur « détention administrative ». Cette disposition permet une incarcération sans inculpation ni jugement pour des périodes de six mois renouvelables indéfiniment.

Mme Pillay a réitéré son inquiétude face à la pratique par Israël de la détention administrative.

« Les personnes détenues doivent être accusées et faire face à un procès avec des garanties judiciaires conformément aux standards internationaux, sinon elles doivent être relâchées », a-t-elle déclaré.

La France s'est dite lundi « très préoccupée » par la situation des prisonniers palestiniens en grève de la faim et a appelé les autorités israéliennes à « être sensibles au risque d'une issue tragique ».

« La France rappelle que la détention administrative doit rester une mesure d'exception, d'une durée limitée, et s'effectuer dans le respect des garanties fondamentales », a souligné le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Philippe Lalliot.