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18/02/2013 06:01 EST | Actualisé 20/04/2013 05:12 EDT

Avant sa venue en Grèce, Hollande plaide contre le tout-austérité en Europe

Le président français François Hollande a exprimé son refus d'une politique européenne du tout-austérité dans un entretien publié lundi par un quotidien en Grèce à la veille d'une visite de "soutien" dans ce pays en crise.

"Le sens de ma visite aujourd'hui est d'apporter le soutien de la France pour que la Grèce réussisse et pour que l'Europe avance avec elle", souligne M. Hollande au quotidien de centre-gauche Ta Néa.

"En Grèce les sacrifices demandés à la population ont été plus douloureux qu'ailleurs. L'assainissement des finances publiques est nécessaire mais ne peut suffire", a ajouté M. Hollande, dont la visite précèdera une nouvelle grève générale mercredi contre la rigueur.

"C'est pourquoi des mesures de soutien à la croissance sont indispensables (...) Je refuse une Europe qui condamnerait les pays à une austérité sans fin", insiste-t-il.

Précédé à Athènes en octobre par la chancelière allemande Angela Merkel, qui avait alors été contestée par la rue, M. Hollande s'inscrit en faux contre une "division entre une Europe du nord et du sud".

"Chaque Etat doit contribuer à la compétitivité et à la croissance, par la gestion rigoureuse de ses comptes publics et par des réformes. Chaque Etat doit également savoir qu'une solidarité existe", souligne-t-il.

Il appelle les entrepreneurs français à "saisir toutes les opportunités" offertes dans un pays en récession pour la sixième année consécutive, se languissant d'investissements.

M. Hollande discerne aussi une "responsabilité" européenne dans la percée néonazie en Grèce. "La meilleure façon de combattre ces tentations, c'est d'être intraitable dans la lutte contre le racisme, mais d'être aussi déterminé pour retrouver de la croissance", relève-t-il.

Côté grec, cette visite doit réaffirmer l'alignement des deux capitales en faveur de la relance, après "l'aide importante" apportée par M. Hollande "dans le combat difficile de la Grèce pour rester dans le noyau de l'Europe", a indiqué à l'AFP une source gouvernementale.

Le porte-parole du gouvernement grec, Simos Kedikoglou, a du coup exprimé sa colère contre un appel à la grève mardi de la centrale syndicale des journalistes, y voyant une "tentative de faire disparaître" la visite de M. Hollande.

cb/hec/bbc