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18/02/2013 03:49 EST | Actualisé 20/04/2013 05:12 EDT

Algérie: une fondation pour la reconnaissance des crimes de la colonisation

Une fondation a été créée lundi à Alger par plusieurs partis politiques et des organisations de défense de la mémoire, pour réclamer la reconnaissance par la France des crimes commis en Algérie durant la colonisation, a annoncé l'agence de presse algérienne APS.

Cet organisme, baptisé "fondation du 18 février", entend "oeuvrer à la réalisation de la revendication de la reconnaissance par la France de ses crimes coloniaux", a précisé cette source.

Il a été créé à l'occasion de la journée du chahid (martyr), qui commémore chaque 18 février les victimes de la guerre d'indépendance algérienne (1954-1962).

L'initiative a été lancée notamment par onze partis politiques, dont le Mouvement de la société pour la paix (MSP, islamiste), Ennahda (renaissance, islamiste), le Front de l'Algérie nouvelle (FAN), le parti El-Fadjr El-djadid, le Rassemblement national républicain (RNR), le Mouvement national des indépendants, et le parti de la Justice et du manifeste (PJM).

Le MSP est la principale formation de l'Alliance de l'Algérie verte (AAV) islamiste, qui regroupe Ennahda et le Mouvement El Islah (Réforme), et n'a décroché que 47 sièges sur 462 lors des élections législatives du 10 mai 2012.

La fondation "demeure ouverte à tous les acteurs politiques et civils, et personnalités nationales désirant y adhérer", a précisé le secrétaire général du FAN, Djamel Benabdessalem.

Les initiateurs de cette fondation comptent inscrire de nouveau la loi criminalisant la colonisation (1830-1962) à l'ordre du jour du Parlement.

Un projet de loi criminalisant la colonisation française a été présenté au Parlement algérien en 2010, mais il reste pour l'heure dans les tiroirs en raison de "considérations diplomatiques et juridiques".

Le président français François Hollande a reconnu solennellement à la tribune du Parlement algérien, lors d'une visite en décembre en Algérie, les "souffrances que la colonisation française" a infligées à ce pays, sans pour autant formuler les excuses de la France.

abh/cnp