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17/02/2013 12:01 EST | Actualisé 19/04/2013 05:12 EDT

Une localité indigène debout à l'aube pour soutenir Correa en Equateur

La localité indigène de Canguaha, au nord de Quito, s'est levée à l'aube dimanche pour voter en faveur de Rafael Correa, le président sortant, qui compte de nombreux partisans dans cette communauté représentant le tiers des Equatoriens.

"J'ai voté pour Correa parce qu'il tient parole, lui. Les autres, ils promettent plein de chose et puis, ensuite, ils oublient", clame Mariano Chicaiza, un paysan de 68 ans, interrogé par l'AFP.

Dans ce village de 15.000 habitants, situé à 45 km de la capitale, une foule se presse et s'impatiente devant le bureau de vote, monté dans une petite école, désireuse d'apporter son soutien au chef de l'Etat à la présidentielle, dont M. Correa est donné grand favori.

"Je ne sais pas pourquoi ils ne vont pas plus vite. Dépêchez-vous ! ", lance Genova Farinango, une mère de 21 ans, qui porte sur le dos son bébé, enveloppé dans une couverture en laine.

Devant les urnes, des petites pancartes rappellent que "le vote est secret" mais nombre des électeurs ne cachent pas leur préference marquée pour le chef de l'Etat.

Au pouvoir depuis 2007, M. Correa, un des leaders de la gauche en Amérique latine, jouit d'une popularité très forte auprès des couches populaires, séduites par ses programmes sociaux et ses grands travaux d'infrastructures, qui ont contribuer à désenclaver ce pays andin de 15 millions d'habitants.

"Les politiciens, ils savent faire des promesses, pas les tenir", renchérit José Manuel Pilataxi, un autre paysan de 68 ans, qui savoure des omelettes aux pommes de terre et une tasse de café, achetées à un marchant ambulant devant l'école.

"Il vaut mieux voter pour Correa, afin qu'il termine ce qu'il a commencé", insiste-t-il. Le vote n'est pas obligatoire en Equateur pour les personnes âgées de plus de 65 ans mais ce dernier a tenu à accomplir "son devoir de citoyen".

Quelques rares villageois se montrent toutefois plus sceptiques, y compris envers le président qui a irrité une partie de la communauté indigène.

Jalouse de ses territoires, elle s'est mobilisée depuis des mois pour obtenir une loi visant à encadrer la gestion de l'eau et protéger l'environnement des risques d'une exploitation à grande échelle des ressources naturelles.

Certains habitants buttent aussi sur la personnalité conflictuelle de M. Correa, un dirigeant charismatique au style volontiers provocateur face à ses adversaires.

"Je ne vais pas lui donner mon vote, car je n'aime pas son côté bagarreur", tranche Segundo Alcasigo, un jeune homme qui quitte en vitesse le bureau de vote pour reprendre une partie de football.

D'autres préfèrent ironiser sur le fait qu'aucun candidat présidentiel ne s'est aventuré dans ce village, perché à 3.156 mètres d'altitude dans les Andes. "Il faut aller à Quito pour les voir !", s'exclame l'un d'eux, déclenchant des éclats de rire autour de lui.

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