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17/02/2013 04:21 EST | Actualisé 19/04/2013 05:12 EDT

Un sultan philippin et ses partisans n'entendent pas quitter la Malaisie

Les partisans d'un sultan des Philippines, qui ont ce mois-ci gagné l'Etat malaisien de Sabah, n'entendent pas en repartir et revendiquent la région comme étant leur territoire ancestral, a annoncé dimanche le sultan au cours d'un face-à-face tendu avec les forces de l'ordre.

Le sultan Jamalul Kiram a déclaré que ses partisans - environ 400 personnes dont 20 armées - étaient déterminées à rester, même après avoir été encerclées par les forces de l'ordre, le gouvernement de Kuala Lumpur insistant pour qu'ils retournent aux Philippines.

"Pourquoi devrions-nous quitter notre propre terre? En réalité ils (les Malaisiens) (nous) la louent", a-t-il déclaré à la presse à Manille.

"Nos partisans resteront à Lahad Datu (ville de l'Etat de Sabah, NDLR). Personne ne sera envoyé aux Philippines. Sabah est notre terre", a-t-il affirmé.

Le sultan n'a pas menacé d'avoir recours à la violence, mais a mis en garde : "nous ne ferons pas marche arrière".

Les autorités malaisiennes ont déclaré que nombre de ses partisans étaient armés, alors que M. Kiram persiste à dire qu'ils sont venus sans armes.

Le sultanat islamique du Sud des Philippines contrôlait autrefois certaines parties de Bornéo, dont le site revendiqué, et ses héritiers reçoivent une indemnisation annuelle de la part de la Malaisie en vertu d'un accord de longue date.

M. Kiram a expliqué qu'il avait été contraint d'envoyer le groupe à Sabah parce que le sultanat avait été exclu du cadre de l'accord signé en octobre entre Manille et les rebelles musulmans des Philippines. Cet accord ouvre la voie à l'autonomie de la région du Sud des Philippines, où vit la minorité musulmane de ce pays à majorité chrétienne.

Le porte-parole du sultan, Abraham Idjirani, a confirmé que les partisans du sultan ne recourraient pas à la violence mais résisteraient si on les provoquait.

"Nous admettons que la Malaisie a les moyens d'agir. Nous n'avons pas les armes, mais nous détenons la vérité historique", a-t-il souligné, ajoutant que "la destinée (du groupe de partisans) était d'obtenir la reconnaissance à laquelle il a droit... ou il mourra en défendant ses droits ancestraux".

M. Idjirani a indiqué que des collaborateurs du président philippin Benigno Aquino étaient en contact avec le sultan et étaient prêts à adresser une lettre au gouvernement malaisien en son nom afin d'ouvrir des négociations.

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