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17/02/2013 09:02 EST | Actualisé 19/04/2013 05:12 EDT

Trois Libanais chiites tués dans des combats en Syrie, selon le Hezbollah

Un responsable au sein du Hezbollah, allié de Damas, a affirmé dimanche à l'AFP que trois Libanais chiites avaient péri dans des combats en Syrie, au moment où le parti chiite est accusé par l'opposition syrienne d'"intervenir militairement" auprès du régime.

"Trois Libanais chiites résidant en Syrie ont été tués et au moins 14 autres ont été blessés dans des affrontements avec les rebelles", a indiqué ce responsable, précisant qu'il s'agissait d'un acte d'"auto-défense".

Le responsables, s'exprimant sous couvert de l'anonymat, n'a pas voulu préciser s'il s'agit de membres du parti armé, indiquant que l'un des trois a déjà été enterré en territoire syrien.

Le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, avait affirmé en 2012 que des membres de son parti combattaient les rebelles syriens mais à titre individuel et sans mandat de sa formation.

Les déclarations du responsables interviennent quelques heures après que le principal bloc de l'opposition syrienne a accusé le Hezbollah d'intervenir "militairement" dans le conflit en Syrie.

Selon le Conseil national syrien (CNS), des membres de la puissante formation ont lancé samedi "une attaque armée" sur trois villages de la région de Qousseir, proche de la frontière libanaise, faisant des victimes parmi les civils, provoquant des tensions confessionnelles et poussant des "centaines" d'habitants à l'exode.

Le Hezbollah est un parti chiite tandis que la majorité de la population syrienne et des rebelles combattant le régime de Bachar al-Assad sont des sunnites.

Le CNS précise dans son communiqué que le parti a utilisé des "armes lourdes au vu et au su de l'armée du régime syrien".

Il s'agit d'une "grave menace pour les relations libano-syriennes et pour la paix et la sécurité dans la région", a jugé le CNS, estimant que le gouvernement libanais avait la responsabilité de mettre fin à cette "agression".

Le Liban est divisé sur le conflit syrien entre le Hezbollah et ses alliés qui dominent le gouvernement et soutiennent Damas, et l'opposition qui appuie la révolte contre le régime syrien.

Le parti publie de temps à autre des communiqués où il annonce la mort d'un de ses combattants dans "l'exercice de son devoir jihadiste", sans précisions, l'opposition libanaise affirmant qu'il s'agit bien de membres du parti ayant combattu en Syrie.

Samedi, des militants des Comités locaux de coordination (LCC, militants syriens) avaient rapporté des combats entre les rebelles et des membres du Hezbollah à Qousseir.

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a indiqué de son côté qu'il s'agissait de Libanais chiites "pro-Hezbollah".

Le Hezbollah, bête noire d'Israël, est l'allié indéfectible de l'Iran, son parrain politique et militaire, et du régime syrien qui l'a aidé militairement durant de nombreuses années.

Récemment, les Etats-Unis se sont inquiétés du fait que le "chaos" en Syrie ne permette au Hezbollah de mettre la main sur des armes du régime.

hek-ram/sw