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17/02/2013 05:56 EST | Actualisé 19/04/2013 05:12 EDT

Les Chypriotes ravis de voir Christofias partir mais inquiets pour l'avenir

Sous un soleil printanier, les Chypriotes votaient dimanche, heureux d'en finir avec un président sortant qui a vu le pays passer de la prospérité à une crise profonde mais réalistes sur les capacités de son successeur à sauver l'île.

"Je suis heureux, il va y avoir du changement. Les cinq dernières années ont coûté trop cher", explique un retraité de la finance aux cheveux en bataille dans une école aux murs pastels de Nicosie en estimant que Demetris Christofias, qui ne se représente pas, aurait dû prévenir la crise.

Dans ce pays où l'abstention est passible d'une amende de 342 euros, le flux des électeurs est régulier pour le premier tour de la présidentielle, mais les visages sont graves, alors que le chômage connaît une hausse exponentielle et que la reprise n'est pas attendue avant 2015.

Un homme d'une cinquantaine d'années s'avance: "Je vais voter dans deux minutes et je ne sais pas encore pour qui. Aucun candidat ne répond à mes attentes. Je cherche quelqu'un qui aime Chypre".

Persa Nicolaou, fonctionnaire de 54 ans, n'est guère plus optimiste. Elle a voté pour Giorgos Lillikas, le seul des trois principaux candidats à miser sur une vente anticipée du gaz naturel récemment découvert au large des côtes pour rejeter le plan d'austérité réclamé par les bailleurs de fonds internationaux.

"J'ai voté pour lui parce que j'ai besoin d'espoir. Nous ne pouvons pas attendre 2020 pour toucher les revenus du gaz. D'ici là, tous les jeunes auront quitté l'île", explique-t-elle.

Dans la vieille ville, les électeurs, souvent endimanchés, se saluent sur les marches d'une imposante école primaire située à quelques mètres de la ligne de démarcation de la dernière capitale divisée d'Europe, tandis que les psalmodies de la messe s'élèvent d'une église orthodoxe voisine.

Là aussi, l'économie reste la principale préoccupation. Andreas Andreou, médecin d'une soixantaine d'années, va voter pour Nicos Anastasiades, chef du grand parti d'opposition Disy (droite) et grand favori du scrutin: "Il est le plus sérieux, celui qui a le plus de connections, pour le bien du pays".

Derrière lui, une graphiste de 44 ans qui a souvent voté à gauche par le passé a fait le même choix: "Dans la situation actuelle, c'est lui qui peut faire le mieux pour le pays, même si je n'ai pas beaucoup d'espoir de toute façon".

Sur le parking d'un lycée grisâtre de la périphérie huppée de Nicosie, une nuée d'Audi et de Mercedes se disputent les places les plus proches de l'entrée dans une certaine anarchie.

"J'ai essayé de choisir le meilleur parmi tous ces pires", explique Christodoulos Kiriakides, un comptable de 30 ans, sans dire sur qui son choix s'est porté. "Je veux quelqu'un qui fera de son mieux pour l'économie, sans être un vendu aux forces étrangères. Et j'espère qu'il fera ce qu'il a dit".

Lena Markidou, une Suédoise de 46 ans mariée à un Chypriote et installée depuis 20 ans sur l'île, regrette pour sa part la quasi absence de femmes dans la campagne, "un revers pour une démocratie moderne".

Et elle s'apprête à voter pour M. Lillikas, le seul selon elle à avoir refusé assez fermement l'accord proposé par l'ONU en 2004 pour réunifier l'île coupée en deux depuis l'invasion turque de 1974 à la suite d'un coup d'Etat de Chypriotes-grecs.

Après une pause d'une heure à la mi-journée, les bureaux de vote doivent fermer à 18H00 (16H00 GMT) et les résultats sont attendus dans la soirée.

fc/hj