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17/02/2013 06:30 EST | Actualisé 19/04/2013 05:12 EDT

Le Met présente une version moderne de l'opéra «Parsifal» signée François Girard

NEW YORK, États-Unis - Dans l'opéra «Parsifal» de Richard Wagner, le roi des chevaliers du Saint-Graal souffre d'une terrible blessure qui ne guérit pas. Dans l'interprétation de la célèbre oeuvre du compositeur allemand par François Girard, cette blessure afflige la Terre elle-même, creusant une crevasse qui divise la société et menace la survie de l'humanité.

La première de cette mise en scène résolument moderne du cinéaste québécois, qui a d'abord été présentée à l'Opéra de Lyon l'an dernier, a eu lieu vendredi soir au Metropolitan Opera de New York. Même si les puristes ne seront pas d'accord, ce «Parsifal» est un trésor d'une grande qualité musicale porté par la direction d'orchestre majestueuse de Daniel Gatti et le dévouement d'une distribution dominée par le ténor Jonas Kaufmann, qui joue le héros.

Dès les premières notes de l'ouverture, le réalisateur de «Violon rouge» essaie de faire en sorte que le public puisse s'impliquer dans les événements qui se déroulent sur scène. Un rideau de miroirs renvoie aux spectateurs une image floue de la salle où ils sont assis. Un choeur apparaît derrière le rideau, les hommes se débarrassant de leurs vestes et de leurs souliers pour demeurer en t-shirts blancs et en pantalons noirs.

Le rideau se lève et révèle le décor imaginé par Michael Levine, un paysage désolé et post-apocalyptique traversé en son centre par une petite rivière. Les hommes sont assis en cercle sur des chaises à droite alors que les femmes ont été reléguées à la gauche de la scène.

Lorsque le roi Amfortas, interprété par le baryton Peter Mattei, est transporté jusqu'à la rivière pour soulager sa douleur en s'y baignant, l'eau se transforme en sang, une manière cruelle de lui rappeler que rien ne pourra le laver de son péché. L'homme a en effet succombé aux charmes de la séduisante Kundry, incarnée par la soprano Katarina Dalayman, et a été poignardé avec sa propre lance par le magicien Klingsor, joué par le baryton Evgeny Nikitin, alors qu'il se trouvait entre les bras de la tentatrice.

À la fin du premier acte, la rivière devient un gouffre et Parsifal, l'«innocent au coeur pur» qui sauvera Amfortas, descend dans le repaire de Klingsor. Il doit d'abord affronter les filles-fleurs puis Kundry, qui tente de le séduire dans un lit dont les draps virent au rouge alors que 16 000 gallons de faux sang se répandent sur la scène. Sa compassion pour Amfortas lui permet toutefois de résister à la jeune femme, de détruire le magicien et de récupérer la lance.

La mise en scène de François Girard pour le troisième acte est d'une simplicité époustouflante. Parsifal revient auprès des chevaliers du Saint-Graal, guérit le roi avec la lance et baptise une Kundry repentante, ce qui a pour effet d'éliminer les divisions au sein de la société et de permettre aux femmes d'enfin rejoindre les hommes.

Comme cela arrive souvent à l'occasion de la première d'une production audacieuse au Metropolitan Opera, quelques personnes ont hué le metteur en scène, mais leurs cris de désapprobation ont été enterrés par les chaleureux applaudissements de la foule.

Six autres représentations de «Parsifal» auront lieu d'ici le 8 mars, incluant une rediffusion en direct dans des cinémas partout à travers le monde le 2 mars. Asher Fisch agira comme chef d'orchestre pour les deux dernières.

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