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17/02/2013 11:52 EST | Actualisé 19/04/2013 05:12 EDT

L'ancien chef de l'appareil militaire de l'ETA jugé à Paris

Dix militants présumés de l'ETA, dont l'ancien chef de l'appareil militaire, Garikoïtz Aspiaru Rubina alias "Txeroki", sont jugés à partir de lundi à Paris, alors que l'organisation séparatiste basque se dit prête à négocier avec la France et l'Espagne en vue de sa dissolution.

Le procès doit durer jusqu'au 15 mars devant la cour d'assises spéciale.

Les militants sont poursuivis devant la cour d'assises spéciale de Paris pour l'enlévement d'un couple d'Espagnols et de leur fils en août 2007 à Messanges (Landes). Les victimes s'étaient fait dérober leur camping-car et avaient été séquestrées dans une maison avant d'être relâchés trois jours plus tard.

Deux jours après le vol, leur véhicule chargé d'une demi-tonne d'explosifs avait sauté en Espagne, sur la côte méditerranéenne, au nord de Valence.

L'explosion avait créé un cratère de 3,5 mètres de diamètre, projeté des débris du véhicule à plusieurs centaines de mètres et endommagé un pylône à haute-tension, perturbant la distribution électrique de la communauté de Valence.

Arrêté en France en novembre 2008, "Txeroki", 39 ans, a été condamné en 2011 en Espagne à 377 ans de prison pour 21 tentatives d'assassinats et actes terroristes. Il est soupçonné d'avoir participé à la préparation de l'attentat qui avait tué deux personnes à l'aéroport de Madrid en 2006, mais n'a pas encore été jugé pour ces faits.

Classée organisation terroriste par l'Union européenne et les Etats-Unis, l'ETA, dont le dernier attentat meurtrier en Espagne remonte au 30 juillet 2009, a annoncé le 20 octobre 2011 qu'elle renonçait à la violence, après plus de 40 ans d'une lutte armée pour l'indépendance du Pays basque et de la Navarre. L'ETA est tenue responsable de la mort de 829 personnes durant ces années.

Depuis cette annonce, plusieurs pas ont été franchis. Le 3 janvier, le parti nationaliste basque Batasuna, considéré comme proche d'ETA, interdit en Espagne, a annoncé sa dissolution en France, tout comme avant lui le mouvement de défense des prisonniers basques Askatasuna (Liberté), interdit en Espagne depuis 2002. Le mouvement de jeunesse radicale basque Segi, considéré comme la pépinière de l'ETA, a annoncé qu'il s'était dissout en juin.

L'Espagne comme la France exigent le démantèlement complet de son arsenal et sa dissolution sans conditions, tandis que l'ETA réclame régulièrement un dialogue avec les gouvernements espagnol et français et entend faire de ses prisonniers, au nombre d'environ 700 dispersés dans des prisons des deux pays, le levier d'une éventuelle négociation.

spe/ao/far/bbc