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17/02/2013 05:25 EST | Actualisé 19/04/2013 05:12 EDT

François Hollande mardi en Grèce, au chevet d'un pays en convalescence

François Hollande se rend mardi en Grèce pour adresser "un message de confiance et de soutien" à ce pays aujourd'hui convalescent après avoir échappé à une sortie de la zone euro, au prix d'une cure d'austérité budgétaire sans précédent qui l'a plongé dans la récession.

La visite du président français intervient alors que la Grèce donne des signes tangibles de redressement financier et table désormais sur un déficit public à 4,3% du PIB pour 2013, contre un objectif initial de 5,5%.

Une révision qui tombe à pic avant avant l'arrivée attendue fin février des inspecteurs de la "troïka" des bailleurs de fonds (FMI-BCE-UE) chargés de contrôler la bonne tenue des comptes du pays, condition du versement des prêts internationaux.

Mais, dans le même temps, la Grèce continue de s'enfoncer dans la récession avec un taux de chômage qui a franchi la barre de 27%, et un PIB qui continue de plonger, avec une nouvelle chute prévue de 6,4% pour l'année 2012.

Dans ce contexte, François Hollande veut porter "un message de confiance et de soutien", indique l'Elysée, soulignant que depuis son arrivée au pouvoir il y a neuf mois, le président français a constamment plaidé pour le maintien de la Grèce dans la zone euro.

La France, qui participe à la "Task force" européenne chargée d'aider la Grèce à rendre son économie compétitive, propose notamment "son expertise" pour réformer ses grandes administrations jugées défaillantes, en particulier dans le domaine fiscal, judiciaire et de santé publique.

Par ailleurs, malgré la récession, le pays "reste un débouché commercial très important pour les entreprises françaises", souligne la présidence française.

Parmi elles, Bic avec son centre mondial de recherche et l'une de ses principales usines de production de rasoirs; Lafarge, avec sa plus grande cimenterie européenne; Alstom très impliqué dans le projet de métro d'Athènes, ou encore Vinci, candidate à la réalisation de nouvelles infrastructures.

La visite de M. Hollande sera, assure un diplomate français, d'une toute autre nature que celle d'Angela Merkel le 9 octobre dernier, quand 30.000 manifestants protestaient dans le centre d'Athènes contre l'orthodoxie financière prônée par Berlin, pendant que la chancelière allemande invitait les Grecs à poursuivre leurs efforts pour rester dans la zone euro.

"Là on est plutôt dans l'idée concrète de favoriser les créations d'emplois, marquer de notre confiance, de trouver des partenariats économiques" souligne-t-on à l'Elysée.

Sans vouloir parler de "contre-pied" à Mme Merkel, Paris fait valoir que la République hellénique entretient avec la France des liens "très anciens", "beaucoup plus naturels et directs qu'avec l'Allemagne"

M. Hollande arrive toutefois à Athènes dans une position qui n'est pas très confortable.

D'une part, l'adoption, le 8 février à Bruxelles, d'un budget de l'UE marqué du sceau de l'austérité pour la période 2014-2020 a contrecarré son ambition d'impulser une politique européenne tournée vers la croissance et l'emploi, comme il l'avait affirmé haut et fort en juin dernier.

D'autre part, le renoncement de son gouvernement à ramener le déficit public de la France à 3% du PIB en 2013, conformément à ses engagements européens, pourrait rendre moins crédibles ses conseils de bonne gestion à la Grèce.

Au cours de son déplacement, M. Hollande sera reçu par le Premier ministre Antonis Samaras, à la tête d'une coalition gouvernementale rassemblant droite, socialistes et gauche modérée, et le président de la République Karolos Papoulias.

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