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17/02/2013 06:05 EST | Actualisé 19/04/2013 05:12 EDT

Correa proclame sa victoire à la présidentielle en Equateur

Le chef de l'Etat sortant en Equateur, Rafael Correa, l'un des leaders de la gauche latino-américaine, a proclamé dimanche sa victoire à la présidentielle, affirmant que rien n'arrêterait sa "révolution", à la tête de ce pays de 15 millions d'habitants.

"Merci pour cette confiance. Nous ne vous décevrons jamais, cette victoire est la vôtre", a lancé M. Correa, depuis le balcon du palais présidentiel devant plusieurs milliers de partisans en liesse.

"Cette révolution, personne ne l'arrête. Nous sommes en train de faire l'histoire", a encore déclaré le chef de l'Etat, après avoir été donné vainqueur au premier tour par des sondages de sortie des urnes, diffusés à la télévision, quelques minutes seulement après la clôture du vote.

Selon ces enquêtes d'opinion, réalisés par trois instituts privés, cet économiste de 49 ans l'emporte avec entre 58% à 61% des suffrages, loin devant son principal rival, le banquier conservateur Guillermo Lasso, crédité de 20 à 21% des voix.

Pour éviter d'être mis en ballottage, il suffisait au chef de l'Etat d'obtenir plus de la majorité des suffrages ou encore 40% des voix avec une avance d'au moins dix points sur son rival direct.

Dès l'annonce des résultats, M. Correa, qui patientait devant les caméras dans les salons du palais présidentiel, s'est levé, visiblement ému, pour embrasser ses proches et ses ministres.

Dirigeant charismatique, M. Correa, qui était donné grand favori depuis des semaines, vise également une majorité absolue au parlement pour son parti Alianza Pais, qui ne dispose que de 42% des sièges, afin de poursuivre sa "révolution citoyenne".

Issu d'une famille modeste, ce catholique fervent, formé grâce à une bourse dans une grande université américaine, s'est forgé une forte popularité en utilisant la rente pétrolière, principale ressource, pour financer des programmes de santé et d'éducation ou encore améliorer le réseau routier.

Près de 30% des Equatoriens vivent encore sous le seuil de pauvreté, selon le dernier rapport de la Banque mondiale en 2011, un taux que le gouvernement se targue d'avoir réduit à 16%.

"Nous sommes là pour vous servir. Rien pour nous, tout pour vous, le peuple qui a mérité le droit d'être libre", a-t-il aussi clamé, durant son discours devant les militants.

Le style intransigeant de M. Correa, qui a imposé un moratoire sur la dette extérieure et contraint les multinationales pétrolières à verser plus de dividendes à l'Etat, a aussi séduit les Equatoriens qui lui ont accordé une longévité record.

Secoué par une crise qui a conduit à la dollarisation de l'économie en 2000 à l'époque où M. Lasso était ministre des Finances, ce pays a vu défiler sept dirigeants en dix ans avant son arrivée au pouvoir.

Convaincu jusqu'au bout de pouvoir le contraindre à un second tour, son rival n'a pas réagi immédiatement à l'annonce de sa victoire.

M. Lasso, qui a voté dans le port de Guayaquil (sud-ouest), avait averti que son camp réaliserait son "propre comptage" et ne s'exprimerait pas avant l'autorité électorale annonce une "tendance définitive".

Malgré le trimophe annoncé de M. Correa, la haine d'une partie de la population à son encontre demeure puissante. Ses détracteurs pointent ses amitiés avec Cuba, le soupçonnant de briguer la succession de son allié vénézuélien Hugo Chavez comme champion de l'anti-impérialisme.

Même s'il affiche une attitude plus pragmatique, M. Correa a encore nargué récemment Washington en accordant l'asile au fondateur du site WikiLeaks Julian Assange, célèbre pour avoir révélé les secrets de la diplomatie américaine.

Les milieux d'affaires lui reprochent aussi de faire fuir les investisseurs étrangers et de vouloir mettre au pas les grands groupes de communication avec une loi de régulation de la presse.

pz/et