NOUVELLES
17/02/2013 08:44 EST | Actualisé 19/04/2013 05:12 EDT

Correa appelle les Equatoriens à choisir leur "destin"

Le président sortant d'Equateur, Rafael Correa, l'un des leaders de la gauche latino-américaine, a exhorté dimanche son peuple à choisir son "destin" en votant massivement aux élections générales, un scrutin dont il est le grand favori.

Au pouvoir depuis 2007, M. Correa, résolu à marquer une dernière fois de son empreinte ce pays de 15 millions d'habitants, a déposé son bulletin, tôt dans la matinée, dans une école du nord de Quito, assiégée par une forêt de micros.

"Décidons de notre futur. Que ce soit une fête nationale, démocratique. Notre destin est entre nos mains", a lancé le dirigeant socialiste, décontracté et souriant, en veste noire et chemise blanche.

Au pouvoir depuis six ans, cet économiste de 49 ans, crédité d'une très large avance face à une opposition éclatée, devrait obtenir dès le premier tour, sauf coup de théâtre, un mandat supplémentaire jusqu'en 2017, le dernier que lui autorise la loi.

Dirigeant charismatique et populaire, M. Correa devancerait nettement le banquier conservateur Guillermo Lasso, principal rival parmi sept candidats, avec plus de 60% d'intentions de vote, selon les derniers sondages.

"J'ai voté pour le président car les autres font juste des promesses sans les tenir", a confié à l'AFP, Mariano Chicaiza, 68 ans, un habitant de la localité indigène de Cangahua, au nord de la capitale.

M. Lasso doit voter de son côté en début d'après-midi dans le port de Guayquil (sud-ouest).

Les électeurs, appelés aux urnes entre 7H00 à 17H00 (12H00 à 22H00 GMT), doivent également désigner leurs représentants à l'assemblée, où le parti du président, Alianza Pais, ne dipose que d'une majorité relative.

"Je vous invite à voter avec beaucoup de responsabilité, conscience et un amour infini", a lancé M. Correa.

Adversaire déclaré du néolibéralisme, ce fervent catholique, issu d'une famille modeste et formé grâce à une bourse d'étude dans une université américaine, s'est forgé une réputation par son attitude intransigeante.

Après avoir imposé un moratoire sur la dette exterieure, il a contraint les compagnies pétrolières à quadrupler les dividendes versés à l'Etat, sa première ressource, pour financer des programmes de santé et d'éducation.

Près de 30% des Equatoriens vivent encore sous le seuil de pauvreté, selon le dernier rapport de la Banque mondiale en 2011, un taux que le gouvernement se targue d'avoir réduit à 16%.

Les constructions de routes, d'écoles ou d'hôpitaux ont convaincu nombre d'Equatoriens de le réélire en 2009 après l'adoption d'une Constitution d'inspiration socialiste.

Secoué par une crise qui a conduit à la dollarisation de l'économie en 2000, ce pays a vu défiler pas moins de sept dirigeants en dix ans, avant l'histoire d'amour avec M. Correa.

La haine de ses détracteurs n'a pas non plus faibli.

M. Lasso, qui prône baisse des impôts et relance du secteur privé, est persuadé qu'un "autre Equateur est en train d'arriver".

Pris en grippe par les milieux d'affaires, qui lui reprochent de faire fuir les capitaux et gonfler la dépense publique, M. Correa est aussi en guerre avec les groupes privés de communication.

Furieux de leur soutien à une rébellion policière en 2010, il compte renforcer une loi de régulation des médias, l'un de ses projets les plus controversés avec l'essor de l'industrie minière, qui heurte la communauté indigène.

Ses ennemis, qui le taxent d'autoritarisme, pointent ses amitiés avec Cuba et le soupçonne de briguer la succession de son ami vénézuélien Hugo Chavez, même s'il affiche une attitude plus pragmatique envers les Etats-Unis.

Le président équatorien a récemment ravivé l'irritation de Washington, en octroyant l'asile dans son ambassade à Londres au fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, célèbre pour avoir révélé les secrets de la diplomatie américaine.

pz/dro